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Don Annie Antoine

Correspondances

Désireuse de mieux connaître l’histoire de ses aïeux et pour alimenter ses recherches généalogiques, Madame Annie Antoine a collecté, trié et lu les cartes postales rédigées ou reçues par son père, ses oncles et sa tante. Une cinquantaine de témoignages parfois très émouvants révèlent les liens filiaux au sein d’une famille très pieuse dont les membres vivent et subissent la guerre. Tantôt une pensée aux parents, tantôt des conseils à un frère, ces marques de tendresse sont nécessaires dans un monde broyé par le conflit, si bien qu’il est important pour Annie Antoine de les faire partager en les transmettant au Musée de la Grande Guerre.

C’est avec compassion qu’Annie Antoine laisse découvrir une lettre écrite le 5 août 1918 par un séminariste, Marc Condevaux, camarade de Lucien Antoine qui est alors blessé à la jambe, à destination de Frédérique, la sœur de Lucien :

Je ne vous cacherai pas que j’envie de tout mon cœur son sort quel qu’il soit car ici nous souffrons trop ! Voilà 20 jours que nous ne nous sommes pas changés, nous sommes dévorés par la vermine. Nous ne faisons qu’un repas froid par jour. Voilà 12 jours que nous couchons dans des trous d’obus sous la pluie. Si nous ne sommes pas trempés par la chaleur, c’est par la pluie. Nous sommes presque à bout.

La lettre

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