L'animal sur le front

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Adresse du Musée

Rue Lazare Ponticelli - 77100 Meaux 

Tél. : 01 60 32 14 18

Les accès en voiture et transports en commun

Horaires

9h30 à 18h sans interruption - Port du masque obligatoire

Fermeture les mardis et jours fériés : 1er janvier, le 1er mai, le 25 décembre

Attention : clôture des caisses une demi-heure avant la fermeture du Musée

Fermetures annuelles du 23/08/21 au 05/09/21 inclus

Tarifs

Pleins tarifs : 10€ 

Tarifs réduits entre 5€ et 9€ (sur présentation de justificatifs)

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L’animal-soldat sur le front

Le cheval 

Surnommé « arbalète » « « bestiau » « bique » « bourdon » « bourrin » « bourrique » « bout de bois » « canasson », le cheval était employé à de nombreuses tâches dans toutes les armées.

chevauxIl est largement employé dans la cavalerie "arme noble" par excellence, en vertu d’une longue tradition historique.

Le cheval constitue le premier animal militaire employé durant la Première Guerre mondiale. Ils furent des millions auprès des principaux belligérants, soit presque un animal pour deux hommes.

Les animaux de trait, quant à eux, furent mis à profit pour tracter les convois en hommes, en munitions et en vivres ("train régimentaire"). En outre, ils tractèrent les attelages d’artillerie ("train de combat").

Malgré l’émergence de la motorisation, le facteur "cheval" conserve son caractère primordial. En effet, il est avantageux de l’employer à des finalités de transport sur des terrains difficiles tels que le no man’s land ou encore dans les Balkans et dans les déserts, aux côtés des dromadaires

Les ânes et les mulets

Les ânes et les mulets furent prioritairement utilisés par les troupes de montagne comme les Chasseurs alpins français, les Alpenkorps allemands ou les Alpini italiens sur les fronts des Vosges, du Tyrolou des Balkans.
Ils  furent affectés au transport du ravitaillement (vivres et outils) ainsi que des canons de montagne divisés en plusieurs charges, les animaux ne tirant en effet qu’une masse maximale de 150 kg.
Pour éviter des braiements intempestifs, une opération était pratiquée sur une lèvre des équidés avant leur envoi aux armées.

Le saviez-vous ?

Un équidé est indirectement à l’origine de la catastrophe du tunnel de Tavannes (à proximité justement de Verdun), le 4 septembre 1916. Sa cargaison s’est incendiée pour une raison inconnue et l’animal apeuré se réfugia dans le tunnel où il bouta le feu aux bidons d’essence du groupe électrogène situé à l’entrée. Les victimes furent environ au nombre de 500, l’endroit servant à la fois de caserne et de dépôt de munitions.

Le chien

Contrairement au cheval, l’usage militaire du chien était récent, ne remontant qu’à la fin du XIXe siècle.

Dans les armées belges et russes, aussi temporairement allemandes, qui s’inspira de la traction des voitures de laitiers, le chien servait à tirer du matériel militaire léger, des munitions par exemple et surtout, des mitrailleuses. Ce rôle était imparti à de véritables molosses, tels que des malinois ou encore des bergers belges.

Le chien fut également employé, au même titre que le pigeon, dans les services de transmission. A cette fin, on le retrouva comme télégraphiste, doté d’un appareillage sur le dos et déroulant un fil. On le retrouva aussi comme estafette, effectuant des allers-retours entre les états-majors aux tranchées, et inversement, pouvant ramener au passage des munitions

Enfin, le canidé se chargea des missions de sentinelle, leur flair et leur ouïe faisant merveille, surtout par temps de brouillard et durant la nuit. Ils accompagnaient les hommes en mouvement, les précédant ou protégeant leurs flancs, pour indiquer un chemin et prévenir toute embuscade ennemie.

Les chiens prédestinés à une carrière militaire étaient soumis à une sélection sévère, avant d’être dressés durant environ cinq semaines, dans un chenil militaire, à endurer les contraintes d’un champ de bataille (ordres mais aussi bruits, mouvements, odeurs). Ces chiens eurent du mal à retrouver la vie civile, une fois démobilisés, devenus trop agressifs et malheureusement pour certains d’entre eux, voués à l’euthanasie !

Par rapport aux chevaux, les chiens se distinguaient par leur résistance, leur moindre coût (achat, élevage, usage journalier) et leur rapidité. Ainsi, un attelage canin était à même de parcourir des étapes de 30 à 40 km à 8 km/h en tirant 300 kg…

 

 

Les chiens « héros »

Pyrame est cité en 1917 : « A sauvé un bataillon français en signalant la présence voisine d’une colonne allemande insoupçonnée. Par des aboiements, il a éveillé l’attention de son conducteur qui, s’étant porté en avant, reconnut la présence de l’ennemi, attacha un billet au collier du chien. Celui-ci revint dans les lignes françaises où l’alerte fut donnée. Le président de la République a fait remettre à Pyrame une médaille d’honneur ».

Le terrier américain Stubby a été décoré une dizaine de fois pour héroïsme. Ses prouesses furent nombreuses dans les 17 batailles à lesquelles il prit part en 1918 sur le front français (Chemin des Dames, Saint-Mihiel, Argonne, Marne), notamment pour sa capacité à détecter une attaque imminente au gaz et à prévenir les soldats de l’arrivée d’obus. Il est promu sergent pour avoir capturé, morsures dans les jambes aidant, un espion allemand. Après-guerre, il reçoit notamment des mains du général Pershing la médaille de l’Humane Education Society et rencontre les présidents Wilson, Harding et Coolidge !
Décédé en 1926, il est honoré avec les honneurs militaires et enveloppé dans le drapeau national, Stubby est aujourd’hui exposé au National Museum of American History à Whashington.
Dernier détail intéressant : à la suite de la reconquête de Château-Thierry, durant l’été 1918, les femmes de la ville lui confectionnent un manteau en peau de chamois représentant les drapeaux alliés et ultérieurement ses décorations, qu’il porte jusqu’à la fin de sa vie.

Le pigeon voyageur

A travers les siècles et les continents, le pigeon militaire a été affecté, très logiquement, à un rôle d’estafette volant ! Il servait à transmettre trois à cinq messages environ – les fameux "colombogrammes" - entre les combattants et le commandement, à conserver des relations avec les places assiégées ainsi qu’à communiquer avec les résistants et les espions en territoire occupé. Au début du conflit, il servait également sur des missions d’observation, grâce à un appareil photo à déclenchement automatique fixé sur le poitrail de l’animal.

Le pigeon vivait dans des colombiers qui pouvaient être fixes ou  mobiles. Les volatiles étaient amenés à leur lieu de mission grâce à des paniers et étuis tractés par les soldats ou pouvaient même être parachutés à l’intention des espions !

A noter que les armées prenaient soin d’envoyer plusieurs pigeons simultanément pour un seul et même message, et ce bien sûr pour limiter le préjudice lié à la perte d’un oiseau.

Qu’est-ce qui pousse donc un pigeon à regagner vaille que vaille son colombier d’origine ? L’amour conjugal pardi ! L’oiseau est en effet un des rares animaux à être fidèle…

Immatriculés, les pigeons furent au nombre de 300 000 dans les armées françaises. Ils étaient appréciés pour leur très grande endurance, allié à la rapidité, à laquelle ne pouvaient rivaliser les estafettes humains et canins : ainsi, un pigeon voyageur est en mesure de parcourir 1 km en 1 minute, à une vitesse pouvant atteindre les 60 km/h par vent de face et les 140 km/h par vent de dos

 

Les pigeons héros

L’oiseau le plus emblématique du front occidental fut Vaillant (matricule 787-15), qui incarne  la résistance héroïque du fort de Vaux durant la bataille de Verdun. Il a été décoré d’une bague à la couleur de la Légion d’Honneur, avec la citation suivante : « Malgré des difficultés énormes résultant d’une intense fumée et d’une émission abondante de gaz, a accompli la mission dont l’avait chargé le commandant Raynal. Unique moyen de communication de l’héroïque défenseur du fort de Vaux, a transmis les derniers renseignements qui aient été reçus de cet officier. Fortement intoxiqué est arrivé mourant au colombier ».

Les pigeons héros américains sont Spike, avec ses 52 missions réussies, et Dear Friend, qui tira d’affaire le Lost Battalion à Verdun en 1917 au prix de la perte de sa patte et d’un poitrail troué d’une balle.

Le pigeon était tellement primordial que les belligérants tentaient par tous les moyens d’en limiter l’utilisation par le camp adverse. L’Allemagne utilise les faucons pour neutraliser les pigeons ennemis.

D’autres animaux de trait : chameaux, dromadaires et bovidés

Les camélidés, utilisés depuis toujours par les Ottomans et depuis la fin du XIXe siècle par les Occidentaux, furent mis à contribution dans les batailles au Proche-Orient.
En tant qu’animaux de monture, on les voit en action dans le bien-nommé Imperial Camel Corps britannique (pays du Commonwealth inclus) créé en novembre 1915 et qui atteindra dès l’année suivante la taille d’une brigade, avec 1200 animaux ! Ils furent également utilisés à cette fin par la troupe arabe de Lawrence d’Arabie (1917-1918).

Surtout employés comme animaux de trait pour acheminer de l’armement et du ravitaillement, notamment l’eau, les dromadaires et chameaux étaient menés par des conducteurs arabes. Rustiques, endurants, économes en eau et en nourriture, ils accomplirent des performances totalement inaccessibles à l’être humain.
Ainsi, grâce à des milliers d’entre eux, une division d’infanterie turque de 14 000 hommes parvint en 1915 à parcourir les 300 km séparant Gaza du canal de Suez en dix nuits, le tout sans boire une goutte d’eau et en se contentant comme seul repas d’orge ou de biscuit concassé !

Les bœufs se retrouvèrent en masse dans le conflit pour suppléer les équidés, avec un afflux majeur sur le front des Balkans. Malgré leur lenteur, ils étaient affectés à tracter des charges importantes.

Les Allemands utilisent des buffles dans leurs colonies africaines, pour soulager ses soldats fatigués de circuler en ce climat inhabituel pour eux ! Ils réquisitionnèrent également des éléphants de leurs zoos, pour suppléer l’absence de chevaux à l’arrière-front. Ledit animal tirera aussi des pièces d’artillerie pour le compte de certains régiments de l’armée des Indes chez les Britanniques…

Animaux et gaz

Les animaux sont employés dans la guerre des gaz sur l’ensemble des fronts entre 1915 et 1918. Ils ont plusieurs rôles :

  • la détection des gaz : Canaris, souris ou grillon .
  • la protection : Des masques à gaz ont été conçus pour les chevaux et les chiens, tandis que les pigeons arboraient même une tenue spéciale, vouée à préserver sa tête et son portail, leur cage pouvant même être enveloppée d’une housse ou d’un drap mouillé !
  • l’expérimentation : On injecta sur des animaux, comme le chien, des gaz, tels du chlore, avant de les oxygéner. Le but était évidemment de transposer l’expérience auprès des "gazés" humains, en ralentissant la contraction inéluctable des poumons…

Adresse et contact

Rue Lazare Ponticelli,
77100 Meaux
Lat : 48.971432  Long : 2.904724
Tél. : 01 60 32 14 18
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Horaires

09h30 à 18h00 sans interruption 
Fermeture les mardis,le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier.
Port du masque obligatoire à partir de 6 ans
Conditions sanitaires en vigueur (mai 2021)

Tarifs

Plein tarif : 10 €
Tarif réduit : de 5 à 7 €
(sur présentation de justificatif)
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