Archéologie et devoir de mémoire

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Rue Lazare Ponticelli - 77100 Meaux 

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Fermeture les mardis et jours fériés : 1er janvier, le 1er mai, le 25 décembre

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Fermetures annuelles du 6 au 10 janvier 2020 et du 18 au 31 août 2020

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Tarifs réduits entre 5€ et 9€ (sur présentation de justificatifs)

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Archéologie et devoir de mémoire

Larchéologie, reflet dune boucherie sans nom

L’un des axes majeurs de recherche de l’archéologie de la Grande Guerre est la mort quotidienne des soldats. Les corps retrouvés sont souvent à l’image de la violence du conflit.

Bien au-delà d’une simple analyse scientifique, les sépultures de combattants confrontent les archéologues à des questions éthiques et au devoir de mémoire. Réalisée au départ par respect pour ces hommes, l’intervention des archéologues s’est inscrite au fur et à mesure dans une démarche plus scientifique pour mieux comprendre et renseigner l’histoire de ces soldats.

Enterrer ses morts

Nombre des combattants tués lors de ce conflit n’ont pas de tombe connue et depuis le début des années 1990, les archéologues ont été amenés à découvrir de très nombreux corps de soldats inhumés sur les zones  de front. Les sépultures redécouvertes permettent d’étudier la manière dont les morts étaient enterrés, souvent en fonction des circonstances et selon des rites funéraires qui vont bien au-delà des simples préconisations des règlements militaires.

 

Histoires individuelles

L’identification des corps est quelque fois possible mais reste rare. Parfois, la redécouverte de corps ou de tombes de soldats a permis de redonner un nom à certains disparus de la Grande Guerre.  Des objets individuels comme des alliances, portefeuilles ou des disques d’indentification permettent alors de retracer d’émouvants destins de combattants. Certains corps ont ainsi pu être restitués à leurs familles.

 

Tombes improvisées 

Cette plaque stéréoscopique montre un champ de bataille au milieu duquel se dressent deux croix marquant lemplacement de tombes provisoires. La légende centrale précise le lieu photographié « à la cote 110  Somme 8bre (octobre) 1916 ». Cette photographie nous permet d'illustrer un des enjeux majeurs de larchéologie des champs de bataille, confrontéà la découverte de corps qui avaient disparus.

Plaque Stéréoscopique


On est frappé par le dénuement du paysage martyrisé par les bombardements. Sans l'indication de la légende, il serait impossible d’identifier le lieu de prise de vue. La vue est entièrement bouchée par le monceau de terre à l’arrière-plan ; l’enchevêtrement de barbelé et les sacs constituent les seuls vestiges d’une tranchée bombardée.

L’attention du photographe s’est concentrée sur les croix marquant la présence de corps inhumés au milieu de la terre retournée par les explosions. La pelle simplement posée sur le côté laisse penser que l’ensevelissement vient à peine de s’achever. En l’absence de toute figure humaine, l’outil incarne symboliquement la main du soldat, du camarade peut-être, qui a creusé en urgence ces tombes. De telles sépultures individuelles étaient destinées à être provisoires : la dépouille était identifiée et inhumée, en attendant de pouvoir être déplacée et enterrée dans un cimetière militaire ultérieurement. Ici pourtant, les simples croix de bois ne semblent pas porter de noms.

Inhumations durgence et cimetières provisoires

Cette photographie témoigne d’une pratique assez peu documentée : l’inhumation des corps au front. En effet, les soldats stationnant dans les tranchées sont confrontés à une promiscuité avec les cadavres qui, pour des raisons d’hygiène autant que d’ordre psychologique, doivent être enterrés dès que possible. Dans les cimetières militaires, les inhumations sont codifiées et tendent au respect de l’individualité de chaque combattant (la tombe individuelle remplace la fosse commune à partir de la loi française du 29 décembre 1915).  Mais au front, l’importance des pertes oblige les soldats à trouver des solutions sommaires sur les lieux mêmes où les hommes meurent.

Des tombes creusées à proximité des tranchées comme celles que nous voyons sur cette photographie ont souvent disparu sous de nouveaux bombardements d’artillerie, ou ont été simplement oubliées. En fouillant les zones de champ de bataille, les archéologues sont amenés à découvrir des corps qui avaient ainsi disparu. Au-delà de l’émotion provoquée par ces découvertes, que peuvent-nous apprendre les fouilles de ces sépultures ?

La redécouverte de sépultures par les archéologues

Les fouilles archéologiques vont permettre de renseigner des pratiques d’inhumation très peu connues. La majorité des combattants ont tu dans leurs témoignages l’enfouissement des corps et les conditions dans lesquelles elles étaient réalisées, et seules les pratiques règlementées des enfouissements dans les cimetières militaires étaient documentées. Les recherches archéologiques peuvent donc livrer des informations essentielles sur les pratiques funéraires durant le conflit.

Ainsi, seuls les archéologues rodés aux fouilles de sépultures sont capables de distinguer une inhumation intentionnelle d’un enfouissement accidentel lors d’un bombardement. Pour plus de rapidité, les soldats utilisaient parfois des trous d’obus, des boyaux de communication ou des tranchées comme fosses. Et bien que les tombes individuelles soient privilégiées à partir de 1915, l’archéologie atteste de la survivance de l’usage des tombes collectives, seul recours face à une mort de masse, au-delà de cette date.

Il est rare que les fouilles permettent de retrouver l’identité du corps exhumé, et les archéologues ne fouillent pas avec cette intention. Mais exceptionnellement, la présence d’objets individuels ou de plaques d’identité rendent possible l'identification d'un corps. Les archéologues passent alors le relais aux institutions compétentes, en fonction du pays d’origine du soldat.

Aux tombes provisoires disparues sous les bombes, il faut ajouter tous les corps qui ne furent jamais retrouvés ni enterrés. En réalité, les corps découverts chaque année par les archéologues de la Grande Guerre ne représentent qu'une minuscule partie du nombre de disparus de ce conflit, qu'on estime aujourd'hui à 700.000.

 

700 000 soldats sans sépulture

700 000.fr est un web documentaire sur les soldats disparus pendant la Première Guerre mondiale. 700 000 c’est aussi le nombre estimé de soldats qui n’ont pas de sépulture connue.

Ce webdocumentaire se penche de manière interactive sur les disparus de la Grande Guerre avec un angle archéologique : il présente ainsi différents sites de fouilles archéologiques sur l’ancienne ligne de front, et donne la parole à de nombreux archéologues.
Ces sites ont permis de mettre au jour les restes de soldats dont les corps n’avaient pas été retrouvés durant la guerre ou dans l’immédiat après-guerre. La découverte de ces corps, parfois respectueusement enterrés selon des rites funéraires improvisés, a livré de précieuses informations sur le quotidien des soldats.

Ce webdocumentaire constitue une ressource pédagogique originale pour traiter de la Première Guerre mondiale par l’archéologie.

Webdocumentaire réalisé par Olivier Lassu et Maxime Chilemi, développé par la société de production Drôle de Trame en partenariat avec lINRAP, linstitut national de recherches archéologiques préventive, 2016.

700 000.fr

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09h30 à 18h00 sans interruption 
Fermeture les mardis,le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier.
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Tarif réduit : de 5 à 7 €
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