La Grande Guerre à travers l'archéologie, terrains d'investigation

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Adresse du Musée

Rue Lazare Ponticelli - 77100 Meaux 

Tél. : 01 60 32 14 18

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Horaires

9h30 à 18h sans interruption 

Fermeture les mardis et jours fériés : 1er janvier, le 1er mai, le 25 décembre

Attention : clôture des caisses une demi-heure avant la fermeture du Musée

Fermetures annuelles du 6 au 10 janvier 2020 et du 18 au 31 août 2020

Tarifs

Pleins tarifs : 10€ 

Tarifs réduits entre 5€ et 9€ (sur présentation de justificatifs)

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La Grande Guerre à travers l'archéologie

Les tranchées dans lesquelles vivent et combattent les soldats pendant presque toute la durée du conflit sont aujourd’hui un terrain d’investigation privilégié des archéologues.

Les armes du passé

Les fouilles ont ainsi permis de découvrir les installations des soldats dans les tranchées et les abris souterrains, et ont permis d’élargir les connaissances sur l’évolution des armes et de l’artillerie de tranchée. L’archéologie renseigne notamment sur les modes de fabrication des armes non règlementaires ou d’armements individuels.

arme artisanale
Massiges tranchées MacDonald

La vie quotidienne des combattants

La guerre de position et l’enlisement du conflit ont entraîné l’installation à long terme des soldats sur le front dans les tranchées ou dans des camps de repos, parfois très organisés. Les déchets et détritus produits par les millions de combattants ont entraînés la création d’importants dépotoirs, qui sont aujourd’hui les lieux privilégiés des fouilles archéologiques.

L’étude de ces dépotoirs par les archéologues a  apporté de nombreuses informations sur la vie quotidienne des soldats : leurs équipements individuels, mais aussi leur alimentation, les conditions d’hygiène, les moyens de distraction comme les jeux ou l’artisanat de tranchée. Si beaucoup de ces aspects étaient connus par d’autres sources (comme les témoignages écrits, les lettres ou la photographie) la présence de certains objets sur les champs de bataille vient attester  les témoignages des soldats.

 

Les tranchées

De 1914 à 1918, les tranchées s’étendent sur des centaines de kilomètres et ne se ressemblent pas. Plus ou moins profondes, plus ou moins larges, plus ou moins confortables, plus ou moins fortifiées... Cela dépend du lieu, du contexte et des hommes qui les creusent et les habitent. Si elles diffèrent de mètre en mètre, elles ont toutes en commun une chose : des soldats y vivent et y meurent. Et cet état de fait laisse des traces : restes d’hommes, de matériel, de vies passées dans la terre, la poussière et la boue à s’organiser pour survivre. 100 ans après, ces traces sont des mines d’informations pour l’archéologie de la Grande Guerre.

Une tranchée, cest quoi ?

La tranchée est un élément défensif militaire temporaire, une cicatrice dans la terre creusée de main d’homme ou à la machine afin de permettre aux fantassins de défendre le terrain acquis en limitant les pertes.

En effet, sans une tranchée, le fantassin est par trop exposé aux tirs de l’ennemi. Si cet élément défensif temporaire est défini de façon précise par l’armée dans un manuel à l’usage du soldat (Instruction sur les travaux de Campagne à lusage des troupes, Imprimerie Nationale, 1915), le soldat s’adapte en réalité systématiquement à son environnement de guerre et à l’environnement naturel.  À mesure que le conflit s’embourbe, le soldat également.

Ainsi, la tranchée se pare-t-elle progressivement d’éléments défensifs empruntés aux fortifications d’autrefois - renforts de soutènement en bois, meurtrières -  et d’éléments nouveaux, comme le montre la plaque stéréoscopique, adaptés au contexte : sacs de sable, océans de barbelés. Certaines tranchées, du côté allemand uniquement, sont bétonnées.

Vivre et mourir dans la tranchée

tranchéesLes soldats n’ont pas tous le même rapport à la tranchée. Du côté français par exemple, le soldat se déplace régulièrement d’un bout à l’autre du front, tandis que du côté allemand, c’est l’inertie pour la plupart des régiments : un soldat allemand peut rester plusieurs mois dans un même secteur. De ce fait, l’organisation des tranchées est différente car pour le Français, il ne s’agit que d’un lieu de passage, tandis que pour l’Allemand c’est un lieu de vie.

La vie s’organise dans les tranchées, à l’heure du rata (la soupe, le repas) par exemple. Les hommes posent leur barda (le sac à dos et son matériel), sortent la gamelle, les couverts, tout le nécessaire de table qui leur est fourni. Puis ils entament la boule (la ration de pain) avec le plat servi après qu’un homme de corvée de soupe soit allé chercher,  parfois au péril de sa vie, la nourriture à la roulante située loin derrière les lignes.

L’armée a laissé derrière elle, en guise de mémoire du conflit, d’innombrables sources d’informations écrites pour comprendre ce qu’il s’est produit pendant la guerre au niveau militaire, politique, économique, etc.

Mais c’est bien l’archéologie qui, par des fouilles minutieuses, nous ramène au plus près de la vie des soldats. Combien sont morts en allant chercher la soupe ou en revenant ? Enfouis sous des kilos de terre après l’explosion d’un ou plusieurs obus ? Combien sont morts à l’heure du repas, sous l’effet d’un bombardement, éparpillant leur matériel dans la même fraction de seconde où la tranchée se comblait de terre sous l’effet du souffle de l’explosion ? Combien d’autres étaient en train d’écrire une lettre ou de sculpter un objet profitant d’une accalmie toujours trop courte ? Autant de situations qui ont laissé des traces humaines dans le sol, durablement. Effets personnels, histoires de vies à recomposer pour l’archéologue qui devient, le temps d’une fouille, enquêteur de l’humanité.

100 ans après, quelles traces ?

5 années de guerre, 4 années de combats, soit 1561 jours durant lesquels la terre recouvre les hommes, les armes, le matériel, les abris, les caillebotis, les étayages dans les tranchées, tout ce qui est à portée de canon.

Après-guerre, on recouvre, on efface les plaies béantes qui boursouflent les champs car la vie l’économie, le travail, tout doit reprendre. Des tonnes de matériels, des milliers de corps sont encore aujourd’hui étendus, enfouis dans les sols des anciennes zones de combats. Ils ne se révèlent qu’au gré du hasard et du temps au promeneur ou au paysan qui laboure ses terres ou lors de fouilles archéologiques. Mais que reste-t-il ?

De ces lieux de combats, il ne reste pas grand-chose, si ce n’est des cimetières et des monuments aux morts qui, parfois, marquent l’emplacement de lieux ayant marqué l’histoire et les hommes durant la guerre. Quelques sites ont conservé les traces des tranchées, non recouvertes après la guerre afin de devenir des lieux de mémoire.

C’est en fait dans les airs que se trouvent les traces les plus visibles de cette terre martyrisée. L’archéologie moderne utilise la photographie aérienne pour cartographier les zones de fouilles potentielles, et c’est alors que l’on constate un changement de couleur de la terre là où l’homme a recouvert les lignes de tranchées et les cratères d’obus après-guerre, car la densité n’est pas la même.

La terre, un conservateur naturel ?

Tout dépend entièrement de la matière de l’objet et du sol. Un objet ancien, datant de l’antiquité gréco-romaine peut tout à fait se présenter à l’archéologue dans un état de conservation quasi parfait tandis qu’un objet de la Première Guerre mondiale serait dévasté. En effet, les matières telles que le gré, la terre cuite, le verre se conserve parfaitement sur des centaines, voire des milliers d’années.

Mais la Grande Guerre est affaire de métal et de bois. Les fusils sont en bois et en métal, les pistolets également, les obus, les grenades, les baïonnettes, les casques, etc. sont en métal. Cette matière peut traverser le temps sans se dégrader de manière significative, mais à la condition de ne pas reposer en présence d’humidité stagnante. Ainsi un fusil se conserve-t-il mieux dans le sol calcaire d’Argonne que dans celui, très humide, des Ardennes. A l’inverse, une brosse à chaussure en bois subira moins les affres du temps en terrain humide, la sécheresse d’un sol réduisant en poussière le bois en quelques années.

Cet état de fait rend le travail difficile à l’archéologue : en fonction de la nature du sol (terre, sable, calcaire, pierre, etc.), de son degré d’acidité, et sa capacité à laisser couler les eaux vers les nappes phréatiques ou à les retenir, le terrain de fouille peut se retrouver amputé de précieux objets du passé, qui sont autant de sources d’informations sur notre histoire définitivement disparues.

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Horaires

09h30 à 18h00 sans interruption 
Fermeture les mardis,le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier.
Fermetures annuelles du 6 au 10 janvier 2020 et du 18 au 31 août 2020

Tarifs

Plein tarif : 10 €
Tarif réduit : de 5 à 7 €
(sur présentation de justificatif)
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