L'argot des poilus

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Adresse du Musée

Rue Lazare Ponticelli - 77100 Meaux 

Tél. : 01 60 32 14 18

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Horaires

9h30 à 18h sans interruption 

Fermeture les mardis et jours fériés : 1er janvier, le 1er mai, le 25 décembre

Attention : clôture des caisses une demi-heure avant la fermeture du Musée

Fermetures annuelles du 6 au 10 janvier 2020 et du 31 août au 16 septembre 2020

Tarifs

Pleins tarifs : 10€ 

Tarifs réduits entre 5€ et 9€ (sur présentation de justificatifs)

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L'argot des poilus

De 1914 à 1919, les troupes mobilisées dans la zone des armées sont exposées durablement aux conditions extrêmes et souvent inédites de la guerre mondiale et industrielle. La confrontation avec des modalités de combat, un environnement matériel et social nouveau engendrent des remises en question psychologiques et morales. La génération du feu a besoin de mots appropriés pour penser, traduire ces bouleversements, pour assurer le lien dans toutes les circonstances de son quotidien, et communiquer avec larrière. La patrie, quant à elle, a besoin de se rassurer sur le sort de ses enfants.

Avant tout utilisé à l’oral, l’argot constitue potentiellement un patrimoine commun. C’est un instrument pour marquer l’appartenance à la communauté des troupes combattantes et pour donner, vis à vis de l’arrière, du relief à un quotidien souvent caractérisé par l’ennui et la répétition. Il permet enfin aux poilus de mettre à distance les aspects violents et la dureté de leur condition.

Quest-ce que largot des poilus ?

Selon la définition du Larousse, l’argot est défini comme l’« ensemble des mots particuliers qu’adopte un groupe social vivant replié sur lui-même et qui veut se distinguer et/ou se protéger du reste de la société.». Les mots issus de l’argot des tranchées sont des termes qui peuvent remplacer le vocabulaire courant et sont compris par tous. Nombre d’entre eux font partie du langage commun (pinard pour vin, kawa pour café…).

mots des tranchées

Comment se construit et se diffuse ce langage ?

Quatre années de guerre ont rassemblé des millions d’individus issus de milieux sociaux, professionnels et culturels extrêmement variés. Chacun d’entre eux possède un patois, une culture, des traditions qui sont propres à sa région, son « pays » ou son corps de métier. Dans un contexte de guerre mondiale, cette mixité a provoqué un brassage culturel, notamment au niveau du langage.

Alors que les soldats sont dans les tranchées, les années 1915-1916 voient apparaître des lexiques et dictionnaires du vocabulaire des poilus. Un des premiers lexiques vient du monde combattant, plus particulièrement d’un ex-brancardier, Claude Lambert, pour informer l’arrière qui ignore la vie au front.

Devant l’engouement de ce vocabulaire original, les poilus vont continuer de transmettre ces nouveaux mots à travers les journaux de tranchées comme Rigolboche, LEcho des gourbis

Comment largot est -t-il perçu à l arrière ?

Du côté des linguistes, qui étaient restés quasi muets sur ce sujet, on assiste à une mobilisation des esprits pour voir si l’argot mérite sa place de langage à part entière. On constate des réactions polémiques face aux travaux de Lazare Sainéan qui ne considère pas l’argot de guerre comme langage. Pour Albert Dauzat, l’argot a sa place et doit être pris en compte par le monde savant et le grand public.

La population plébiscite ce nouveau vocabulaire. Il lui permet de se rapprocher au plus près des soldats et de sortir de l’ignorance du monde combattant. Il sera aussi repris dans des textes littéraires comme dans Le Feu de Barbusse.

Quels rôles pour les soldats ?

Conditions de vie désastreuse (froid, boue, sang), déshumanisation de l’individu, tel est le quotidien des soldats dans les tranchées. Il faut s’échapper un instant de la vie au front. Certains vont fabriquer des objets, d’autres vont écrire. Ecrire pour exister, écrire pour oublier, traduire l’horreur et exprimer ces sentiments.

Ce travail d’écriture passe par l’utilisation de l’argot, devenu un langage à part entière pour ces hommes et qui leur permet un instant de repenser à leurs proches, à l’endroit d’où ils viennent, à ce qu’ils ont laissé derrière eux, à retrouver un point d’attache, mais aussi de se souvenir des plaisirs qu’offre l’arrière.

Quel rôle joue largot des tranchées dans la communication entre le front et larrière ?

La communication est quelque chose de très important en temps de guerre même si soldats et familles imaginent une guerre courte. L’enlisement du conflit provoque un phénomène exceptionnel : 600 000 lettres et 40 000 paquets par jour. Cependant, cette correspondance est soumise à la censure (Anastasie, en argot), symbolisée par une femme aux cheveux longs et tenant une paire de ciseaux. Pour déjouer cette dernière et la compréhension des dirigeants militaires, les soldats et les proches vont utiliser l’argot dans leur correspondance.

Argot des poilus

Et aujourd hui, que reste-t-il de cet argot ?

Outre les dictionnaires et les lexiques, cet ensemble de mots, que nous pouvons estimer à environ 2 000 termes, a su traverser les âges pour être toujours présent dans notre vocabulaire. « En lisant mon canard, les nouvelles ne sont pas bonnestout cela me donne le cafard. Rien de tel quun bon pinard… ».

Pourquoi établir un lien entre les mots et les objets des tranchées ?

Argot des poilus ou mots des tranchées : l’exubérance et la vigueur de ce vocabulaire agrémentent le récit de situations banales ou de circonstances exceptionnelles qui appartiennent à l’expérience de la guerre et à l’histoire de celui qui a laissé une trace écrite.

C’est pourquoi ces mots des tranchées sont une ressource importante pour nos élèves. Ils ne sont pas toujours d’une compréhension immédiate : il est important de les décrypter.

La bibliographie indique des ouvrages de référence. Beaucoup sont accessibles gratuitement sur internet.

Nous avons choisi d’associer une sélection de ces mots des tranchées avec les objets à 360° degrés qui leur correspondent, comme dans l'objet "Le casque à pointe"

Pourquoi ? Parce que, comme les choses, il faut manipuler les mots avant de comprendre à quoi ils servent. Parce que, comme les choses, les mots ont été conçus pour un usage bien précis. Parce que comme les objets, les mots se transforment avec le temps. La rouille des mots c’est l’oubli dans lequel ils tombent, ce sont aussi les déformations qui modifient leur sens. Il y a des objets industriels et des stéréotypes, il y a des objets personnels et des mots de l’intime, il y a des objets artisanaux et des mots-valises.

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Fermeture les mardis,le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier.
Fermetures annuelles du 6 au 10 janvier 2020 et du 31 août au 16 septembre 2020

Tarifs

Plein tarif : 10 €
Tarif réduit : de 5 à 7 €
(sur présentation de justificatif)
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