L'argot des poilus - Les mots d'argot

Comment venir

Adresse du Musée

Rue Lazare Ponticelli - 77100 Meaux 

Tél. : 01 60 32 14 18

Les accès en voiture et transports en commun

Horaires

9h30 à 18h sans interruption - Port du masque obligatoire

Fermeture les mardis et jours fériés : 1er janvier, le 1er mai, le 25 décembre

Attention : clôture des caisses une demi-heure avant la fermeture du Musée

Fermetures annuelles du 23/08/21 au 05/09/21 inclus

Tarifs

Pleins tarifs : 10€ 

Tarifs réduits entre 5€ et 9€ (sur présentation de justificatifs)

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Les mots d'argot

Les obus et leurs éclats à travers l'argot des tranchées

Abeille, f. : balle, éclat d’obus. Syn. Dragée, marron, mouche à miel. (F. Déchelette, p.19, confirmé par G. Esnault, page 21)

Cigale, f. : éclat d’obus ; « Un 240 éclate-t-il au bord du parados ? – Une paille, murmure le poilu éclaboussé par les cigales » (G. Esnault, p. 74)

Cigare, m. : obus de 75 F. (F. Déchelette, p. 72)

Coucou, m. : avion, dirigeable (…). B, Canon de 75 (…). C, Éclat d’obus : « entends-tu le coucou ? », un ouvrier nantais, à propos d’un éclat d’obus antiaérien qui retombe en chantant. (G. Esnault, p. 82)

Cygne (faire le cou de) : baisser la tête en vitesse : « Cache-toi, cache-toi, Bedin, fais le cou de cygne ! »

Ce mouvement de crainte sous les obus fut jadis le même sous les flèches, et la locution faire la cane peut dater des batailles des plus hauts temps ; il s’agit de la souplesse des canards et cygnes à baisser le col et non pas des plongeons que fait sous l’eau le canard (…). 1, Cane ; 2, Courbette, Mouvement de tête. Synonyme : saluer, baisser la tête (en entendant siffler les balles) : « le commandant se promenait debout, sans baisser la tête, sans saluer ». (G. Esnault, p. 91)

Encaisser : recevoir des projectiles. B. Aviat. Souffrir du mauvais temps, de la chaleur en avion. Encaisser des coups durs, des remous . (F. Déchelette, p. 93)

Épluchure, f.  éclat d’obus. Quest-ce quils nous envoient comme épluchures (F. Déchelette, p. 94)

Ginglin, m. : obus qui éclate. (F. Déchelette, p. 110)

Hirondelle, f. : éclat d’obus. (G. Esnault, p. 137)

Hirondelle de cimetière, f. : éclat d’obus de retour. Le peuple nomme en règle générale hirondellepapillon (de ceci ou cela, papillon de corbillard), l’homme ou la chose qui hante de prédilection (ceci ou cela) : hirondelles de la mort, Croquemorts et Gendarmes de service à une exécution capitale. (G. Esnault, p.137)

Macavoué, m. : obus. (F. Déchelette, p. 131)

Marmite, f. : éclat d'obus

Miaulant, m. : shrapnell de 77 boche qui fait comme un miaulement en éclatant. (F. Déchelette, p. 140)

Pot de fleur, f. : casque du soldat. Dessinateur français, Charles Martin (1884-1934) a livré son récit de guerre dans un livre illustré et intitulé Sous les pots de fleurs, anagramme de Sous les flots de la peur.

Praline, f. : éclat d’obus. Syn : épluchure, abeille, mouche à miel. (F. Déchelette, p. 171)

Pruneau, m. : balle.

Torpille, f. : bombe de tranchée à ailettes lancée avec le canon de 58 millimètres. (F. Déchelette, p. 215)

Les brodequins à travers l'argot des tranchées

Arcassines, f. : jambes : « de longues arcassines » ; pieds : "Tu vas te faire monter sur les arcassines !" (…) semble introduit par des Champenois et Briards. En avoir plein les arcassines, être excédé ; synonyme de "en avoir plein les baguettes", les gambettes, les fumerons, les panards, les rigoberts (mollets). Les Jambes sont dites aussi les "misérables" : joueurs de misérables, m., Fuyards. (G. Esnault, p. 21)

Bagotage, m. : marche à pied.  Le bagotage, ça me connaït  (voir Bagoter)

Bagoter ou bagotter : marcher, faire des marches. Bagoter ou faire des bagots, c’était, en argot parisien, courir après les voitures pour décharger les bagages et ceux qui faisaient ce métier s’appelaient bagotiers. Le poilu a donné à ce mot une signification nouvelle. "Tu parles d’un filon de bagoter dans cette mouscaille", c’est-à-dire ce n’est pas un plaisir de marcher dans cette boue (Pierre Mac Orlan, les poissons morts, p. 217). F. Déchelette, p. 32 (confirmé par G. Esnault, p. 29)

Baguenauder (se) : marcher, flâner. Mot appliqué ironiquement aux plus fatigantes marches militaires. (F. Déchelette, p. 32).

Bateaux, m. : souliers. On dit aussi : bateaux-mouches. (F. Déchelette, p.37)

Chaussette, f. : il y a deux sortes de chaussettes pour le poilu : la chaussette russe et la chaussette à clous. Pour confectionner une chaussette russe, c’est toute une recette. Découpez dans une chemise que vous balancez (jetez) - c’est la seule lessive connue dans la guerre de mouvement – deux bandes larges comme la main et longues d’environ 80 cm. Il y a une bande pour chaque pied. Après vous être déchaussé, vous vous entourez le pied avec cette bande en commençant par les orteils et en serrant bien l’extrémité : vous continuez à enrouler la bande sur le pied, sur le talon, et ainsi de suite jusqu’au-dessus de la cheville. La chaussette russe est terminée. Avec cela, vous pouvez marcher à l’aise sans « blesser », vous pouvez aller au bout du monde. Ça a l‘air très simple, mais c’est assez difficile ; pour savoir bien prendre le talon dans une chaussette russe, il faut une habileté qui n’est pas à la portée d’un bleu. Il y a aussi une autre école : c’est de ne pas porter d’autres chaussettes que ses chaussettes à clous (souliers), en y coulant du suif. On évite ainsi d’user ses chaussettes russes. (F. Déchelette, p. 68)

Russes, f. : linges dont on s’enveloppe les pieds (…) ; ces linges sont d’usage normal chez le paysan russe et réglementaire dans l’armée russe. (G. Esnault, p. 218)

Croquenot, m. : soulier. (F. Déchelette, p. 82)

Godasse, f : soulier. Ce mot a complètement détrôné les anciens vocables : croquenots, godillots, pompes, tatannes. Le soldat est rarement satisfait de ses godasses, mais il marche quand même. (F. Déchelette, p. 111)

Grolles, s. f. pl. : souliers. (F. Déchelette, p. 115)

Lattes, f. : souliers. (F. Déchelette, p. 128)

Marcher sur la France : avoir des souliers percés. Cette expression donne une idée charmante du génie de la langue poilue. N’est-ce pas joli de reconnaître dans la poussière ou la boue, sur laquelle on marche avec insouciance ou dédain, la douce terre de France, la France elle-même ? (F. Déchelette, p. 132)

Panard, m : pied. J’ai les panards en malines, j’ai les pieds fatigués, en dentelle (de Malines). Syn. : Pinceau (F. Déchelette, p. 151).  En provençal panard signifie boiteux. On a d’abord appelé panard le cheval dont les pieds sont tournés en dehors, puis l’homme qui a ce vice anatomique, puis le pied de ce cheval et de cet homme, puis tout pied humain, par la vision enlaidissante qui est un tour d’œil si populaire. (G. Esnault, p. 176)

Paturons, m. : pieds ; - d’où mettre les paturons, se sauver ; syssémantique : mettre les cales, partir subrepticement, abandonner son poste. (…) cales n’est pas un simple remplaçant synonyme de bouts de bois (ni une déformation de cannes) ; les cales, en technologie, donnent du pied aux appareils ; d’où cale, Pied humain, qui n’a pas été attesté jusqu’ici mais qui a donné caleter, jouer des pieds. G. Esnault, page 182

Péniche, f. : soulier ; aviat. : surnom de l’appareil Nieuport à deux places. (F. Déchelette, p.153)

Pompes, f. : souliers. Mes pompes. (F. Déchelette, p.169)

Ribouis, m. : souliers. F. (Déchelette, p.184)

Ripatons, m. : pieds. Syn. : panard, pinceau. (F. Déchelette, p. 186)

Tartines, f. : souliers (F. Déchelette, p. 210)

Tracer : marcher. (F. Déchelette, p. 218)

Tricoter : marcher vite, c’est-à-dire faire aller ses jambes comme des aiguilles à tricoter. (F. Déchelette, p. 218)

Tatannes, f. : souliers. Syn. : godasses, godillots, péniches, croquenots, pompes, tartines (F. Déchelette, p. 210).

Le casque à travers l'argot des tranchées

En argot, le casque ou le képi deviennent le pot de fleurs (F. Déchelette, p. 170).

Le pot de chambre, lui, désigne spécifiquement le casque du combattant français datant de 1915 : « Le pot de chambre te protège suffisamment l’caberlot contre les billes de plomb.» 

Parmi les synonymes, on retiendra la soupière.  Il faut aussi noter que le casque a été précédé par une calotte de fer, non percée, à glisser dans le képi (printemps 1915), qui selon le vœu même d’une notice officielle, servait de lavabo et de casserole ! (G. Esnault, p. 201)

Le casque à pointe, allemand donc, est porté par Fritz, diminutif de Friedrich, prénom fréquent en Allemagne et que le soldat français donne à tout Allemand . 

Par métonymie, le pointu désigne dans l'argot des tranchées, le soldat allemand : « les pointus ont dû se rentrer » ;  « Je viens de rentrer de Uckingen où nous avons encore distribué quelque chose à ces braves « Pointus » ». (G. Esnault, p. 198)

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Horaires

09h30 à 18h00 sans interruption 
Fermeture les mardis,le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier.
Port du masque obligatoire à partir de 6 ans
Conditions sanitaires en vigueur (mai 2021)

Tarifs

Plein tarif : 10 €
Tarif réduit : de 5 à 7 €
(sur présentation de justificatif)
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