La marine dans la société Britannique

Comment venir

Adresse du Musée

Rue Lazare Ponticelli - 77100 Meaux 

Tél. : 01 60 32 14 18

Les accès en voiture et transports en commun

Horaires

9h30 à 18h sans interruption - Port du masque obligatoire

Fermeture les mardis et jours fériés : 1er janvier, le 1er mai, le 25 décembre

Attention : clôture des caisses une demi-heure avant la fermeture du Musée

Fermetures annuelles du 23/08/21 au 05/09/21 inclus

Tarifs

Pleins tarifs : 10€ 

Tarifs réduits entre 5€ et 9€ (sur présentation de justificatifs)

Tous les tarifs

La marine dans la société Britannique

4 août 1914, la Grande Bretagne déclare la guerre à l’Allemagne. Les armées de terre et de mer sont mobilisées. L’Empire semble être, en regard des autres nations belligérantes, la plus faible nation sur le plan militaire terrestre.

En effet, le Corps Expéditionnaire Britannique (BEF - British Expeditionnary Force) ne compte que 90 000 hommes qui, bien que soldats de métier, ne sera pas suffisant pour arrêter l’avancée allemande. La raison de cette grande différence d’effectifs terrestres avec ses homologues continentaux réside dans la priorité donnée à la marine.

La Royal Navy est la plus puissante flotte de commerce et de guerre du monde, c’est en elle que réside la force de l’empire, elle en est le principal atout militaire et économique. Il faudra attendre la mobilisation au sein du Royaume-Uni et le déplacement des troupes de tout l’Empire pour opposer à l’Allemagne une puissance terrestre significative.

En 1914, l’Empire britannique s’étend sur l’ensemble du globe et est présent sur tous les océans, ce qui lui permet un trafic marchand total. En outre, si au cours du XIXe siècle l’Empire fonctionne selon le principe « the flag follows the trade » (le drapeau suit le commerce), bientôt la tendance s’inverse et la Grande Bretagne conquiert des territoires sans intérêt commercial de prime abord, mais qui pourraient recéler peut-être des ressources pour le moment non exploitées – ce qui pourrait ouvrir un nouveau marché dans un futur indéterminé, le commerce s’envisageant sur du long terme.
C’est cette dimension mondiale qui permet à l’Empire britannique de conserver son indéniable supériorité économique et commerciale sur l’Allemagne. En effet, durant la première décennie du XXe siècle, l’Empire allemand va livrer une bataille économique âpre auprès des marchés britanniques, allant jusqu’à « inonder » les marchés européens de produits allemands – ce qui ne manquera pas d’attiser la haine entre ces deux entités. Bien qu’affichant une puissance économique supérieure à celle britannique dans certains domaines (notamment dans les secteurs de l’industrie électrique et chimique), l’Empire allemand ne peut lutter de manière globale compte tenu de son manque d’enclaves commerciales…

La Marine de guerre, fer de lance de l’Empire

La stratégie militaire de la Grande-Bretagne s’appuie principalement sur la flotte de guerre. L’objectif est d’être toujours en supériorité numérique par rapport aux flottes française et russe puis allemandes. Cette force maritime présente sur l’ensemble du globe permet à la Grande-Bretagne de protéger le trafic marchand au sein d’un empire suffisamment étendu et riche pour fonctionner essentiellement en vase clos.

Depuis plusieurs siècles, la Grande Bretagne s’est efforcée de posséder une flotte supérieure en nombre de bâtiments de guerre à celle de la seconde puissance maritime. En effet, la puissance militaire britannique repose essentiellement sur sa Marine, seule capable de protéger l’Empire et d’intervenir rapidement aux quatre coins du monde. Elle acquiert véritablement sa suprématie en mer à la fin du XVIIIe siècle et pousse encore plus loin sa domination maritime par le vote à la fin du XIXe siècle du Naval Defense Act (établi en 1889). Cette loi proclame l’application d’un principe, le Two powers standard, en vertu duquel l’Angleterre affirme la nécessité de posséder une flotte égale à l’addition des deux plus grandes puissances navales après elle, plus une marge de 10%. Ainsi en 1889 la Grande-Bretagne calcule ses effectifs maritimes en fonction de l’association des flottes russe et française, l’Empire Allemand ne s’étant pas encore lancé dans la Weltpolitik (politique coloniale allemande lancée sous Guillaume II en 1890), qui visera la construction d’une marine de guerre capable d’égaler celle britannique.

Réparti sur tous les océans, l’Empire compte nombre d’îles et d’enclaves qui lui permettent d’établir et de faire fonctionner son commerce, source d’une richesse qui semble alors inépuisable. Néanmoins, pour maintenir cette force économique, l’Empire a un besoin absolu d’une marine de guerre puissante capable d’assurer le trafic de sa marine marchande, tout aussi impressionnante.

L’empire allemand réagit : la course à l’armement

À la fin du XIXe siècle l’Empire allemand entend « trouver sa place au soleil » selon l’expression consacrée… Cela passe par la création d’une puissante flotte de guerre capable d’égaler, sinon de surclasser, la flotte britannique jusqu’alors intouchable

La guerre en mer annonce des heures sombres pour la marine britannique. La Kaiserliche Marine, la flotte allemande de l’empereur d’Allemagne Guillaume II, n’a cessé de se renforcer créant de graves troubles diplomatiques entre l’Empire allemand et l’Empire britannique depuis 1898, date à laquelle l’amiral Tirpitz, ministre de la Marine allemande depuis 1897, fait voter deux lois redoutables qui prévoient la création jusqu’en 1916 d’une flotte de 36 cuirassés et 38 petits croiseurs capables de surclasser une flotte britannique dispersée sur tous les océans et les mers du monde.

Ce sont notamment les entreprises Krupp, fleuron de l’industrie métallurgique allemande, qui s’imposeront comme l'un des principaux fournisseurs de l’armée en matériel militaire.

Batailles navales et actions diverses en 1914

Dès le déclenchement des hostilités, la flotte britannique est mobilisée en mer du Nord avec la volonté d’établir un blocus des ports allemands et de frapper fort pour clouer la flotte allemande, dangereux adversaire, dans ses ports. La bataille d’Heligoland (28 août 1914) en cela est un excellent exemple. Bientôt les représailles allemandes se font sentir : le torpillage intensif des navires de commerces par les U-Boots commence dès 1915... 

Si l’on se focalise souvent sur l’hécatombe constatée dès 1914 lors des combats au sol, on a tendance à oublier les actions menées en mer un peu partout dans le monde. Certes, les pertes en mer sont moins impressionnantes, pas de charges de cavalerie désespérée et d’un temps révolu, pas de charge d’infanterie sous un feu nourri de balles et d’obus, pas de dizaines de milliers de morts dénombrés en quelques jours. Pour autant, les combats en mer vont intéresser la presse et avoir un lourd impact sur la continuité de la guerre. De plus, si les combats au sol sont synonyme de charnier et d’hécatombe, la guerre en mer est, elle, synonyme d’aventure et alimente l’imaginaire. Elle tient en haleine les populations en guerre à en juger par le nombre de journaux traitant du sujet entre 1914 et 1918.

Dès le déclenchement des hostilités, la flotte britannique est mobilisée en mer du Nord (flottes mobilisées dès le 1er août 1914 alors que l’Empire n’entre en guerre que le 4) afin d’appliquer une stratégie discutée depuis 1908 avec la France en cas de guerre contre l’Allemagne, à savoir la mise en place d’un blocus des ports allemands et l’interception de tout navire de commerce allemand. En novembre, la mer du Nord est déclarée zone de guerre et chaque navire circule à ses risques et périls. Pas même les provisions permettant de nourrir la population allemande n’arrivent à quai.

Le blocus, loin de faire l’unanimité, attire les foudres des Etats-Unis qui entendent continuer de marchander avec les deux camps, au regard de leur neutralité. Mais bientôt les représailles allemandes - torpillage intensif des navires de commerces alliés et américains par les U-Boots, ont tôt fait de focaliser la vindicte américaine sur l’Allemagne.

Zoom sur Heligoland : une bataille navale emblématique

Heligoland est un archipel au sud-est de la mer du nord. D’abord danois, jusqu’en 1814, puis britannique jusqu’en 1890, enfin allemand, cet archipel a toujours revêtu un intérêt stratégique : soit en termes de commerce (longtemps plaque tournante du commerce avec la Baltique, voire repère de contrebandiers), soit en termes militaire.

Heligoland est un bout de terre sortant des eaux à seulement 25km des embouchures de l’Elbe, du Weser et du Golfe de Jade - véritables portes d’entrée vers l’intérieur des terres du Reich, seulement à quelques dizaines de kilomètres des principaux ports allemands (Wilhelmshaven, Cuxhaven…).

Depuis 1905, il apparaît nécessaire à l’Allemagne de fortifier cette base navale afin d’apporter un soutien défensif non négligeable contre la flotte anglaise en cas d’attaque. En effet, la flotte allemande, bien qu’impressionnante au début du XXe siècle, n’en reste pas moins la deuxième au niveau mondiale et ne peut que reconnaître la supériorité numérique de la flotte britannique, en dépit des efforts entrepris depuis la dernière décennie du XIXe siècle. En 1908, un plan de bataille voit le jour, dont le but est de réduire les forces de la Navy avant de se lancer dans une ultime confrontation qui déciderait de la domination maritime.

En 1912, la Kaiserliche Marine reçoit des ordres clairs de l’empereur :

« Sa majesté l’empereur a ordonné ce qui suit pour la conduite de la guerre en mer du Nord : d'une part, le but des opérations doit être de causer des dommages à la flotte anglaise par le biais d’offensives avancées contre les patrouilles ou les forces organisant le blocus dans la zone allemande… et lorsque c’est possible, d’engager des offensives sous-marines aussi loin que possible des côtes anglaises. D'autre part, après une égalisation des forces permise par cette conduite de la guerre, il est préférable que notre flotte s’engage dans le combat sous des circonstances favorables, après une préparation et un rassemblement de toutes les forces ».

Si la guerre éclate entre la Grande-Bretagne et l’Empire allemand le 4 août 1914 et bien que la flotte britannique soit mobilisée 3 jours avant son entrée en guerre, il faut attendre le 28 août pour assister au premier véritable combat naval d’envergure entre les flottes de ces deux puissances. Au petit matin, les patrouilles maritimes de l’Empire allemand sont attaquées par les forces navales britanniques, sous les ordres du commodore Reginald Tyrwhitt. 

Les acteurs de la bataille :

Côté Britannique :

- Reginald Tyrwhitt : né le 10 mai 1870, Tyrwhitt entre dans la Navy comme cadet en juillet 1885. En 1908, il est promu Capitaine et commande la Deuxième flottille de torpilleurs et destroyers. En 1913, il prend le commandement de toutes les flottilles de destroyers de la Home Fleet au rang de Commodore et vogue sur le HMS Amethyst. Il est à la tête de 31 destroyers et deux croiseurs lors de la bataille d’Heligoland. Puis il prend part au raid de Cuxhaven (25 décembre 1914), la bataille du Dogger Bank (24 janvier 1915) et du Jutland (31 mai au 1er juin 1916). Il sera promu Admiral of the Fleet (plus haut grade de la Royal Navy) en 1934 avant de se retirer en 1939. Il meurt en 1951.

- David Beatty : né en 1871, Beatty s'engage à treize ans, dans la Royal Navy, en janvier 1884. Le 1er janvier 1910, alors âgé de trente-neuf ans, il est promu au grade de contre-amiral, devenant ainsi le plus jeune amiral depuis Horatio Nelson. Il commande le First Battle Cruiser Squadron lors de la bataille d’Heligoland (28 août 1914), du Dogger Bank (24 janvier 1915) et du Jutland (31 mai au 1er juin 1916). Il succède à l’Amiral John Jellicoe en tant que Commandeur en Chef de la Grand Fleet et est promu Amiral en 1916. Il sera promu Admiral of the Fleet le 1er mai 1919. Il meurt le 12 mars 1936.

Roger Keyes : né le 4 octobre 1872, R. Keyes entre à la Royal Navy en 1885. Il est très remarqué par ses actes audacieux, son sens tactique lors de la Révolte des Boxers à la fin de laquelle il sort avec le titre de Commandeur. Il reçoit le commandement des forces navales sous marines peu avant le début de la guerre qu’il mène personnellement au combat lors de la bataille d’Heligoland (28 août 1914).

Côté Allemand :

- Leberecht Maass : élevé au rang de contre-amiral en mars 1914, Maass est nommé Premier chef (Führer) des bateaux de reconnaissance et du IIIe groupe de reconnaissance lorsque la guerre éclate. Il navigue à bord de son navire-amiral, le SMS Cöln. Il est envoyé par le fond avec son navire par le croiseur de bataille du vice-amiral Beatty lors de la bataille de Heligoland (28 août 1914).


Forces en présence :

Au total 61 bâtiments de guerre de la Royal Navy vont affronter 43 navires de la Kaiserliche Marine.

La marine allemande est surclassé lors de cette bataille tant au niveau du nombre de vaisseaux déployés qu’au niveau des classes de navires déployées. Aucun croiseur de bataille de type dreadnought ne participe à cette bataille du côté allemand. Il leur manque donc la portée de tir et la puissance suffisante pour riposter efficacement à la puissance de feu britannique.

Adresse et contact

Rue Lazare Ponticelli,
77100 Meaux
Lat : 48.971432  Long : 2.904724
Tél. : 01 60 32 14 18
Accès - Contact

Horaires

09h30 à 18h00 sans interruption 
Fermeture les mardis,le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier.
Port du masque obligatoire à partir de 6 ans
Conditions sanitaires en vigueur (mai 2021)

Tarifs

Plein tarif : 10 €
Tarif réduit : de 5 à 7 €
(sur présentation de justificatif)
Tous les tarifs