Présentation de l'empire britannique en 1914

Comment venir

Adresse du Musée

Rue Lazare Ponticelli - 77100 Meaux 

Tél. : 01 60 32 14 18

Les accès en voiture et transports en commun

Horaires

9h30 à 18h sans interruption - Port du masque obligatoire

Fermeture les mardis et jours fériés : 1er janvier, le 1er mai, le 25 décembre

Attention : clôture des caisses une demi-heure avant la fermeture du Musée

Fermetures annuelles du 23/08/21 au 05/09/21 inclus

Tarifs

Pleins tarifs : 10€ 

Tarifs réduits entre 5€ et 9€ (sur présentation de justificatifs)

Tous les tarifs

Présentation

Par Hew Strachan, commissaire de l’exposition - historien militaire britannique, professeur à l’université d’Oxford

En 1914, le royaume-uni est une puissance économique mondiale de premier plan. Présent sur les cinq continents, grâce à son empire, celui sur lequel le soleil ne se couche jamais, sa marine commerciale est la première du monde. Pour la protéger et garantir la prédominance économique de cet empire, le royaume-uni dispose de la première flotte de guerre au monde, la Royal Navy. Ceci explique la taille modeste (90 000 hommes environ) du corps expéditionnaire britannique (British Expeditionary Force ou beF) engagé sur le continent en août 1914. Cet empire qui domine le monde ne peut déployer, dans un premier temps, qu’une petite armée professionnelle, face aux armées gigantesques issues de la conscription que sont l’armée française et l’armée allemande (environ 3 millions d’hommes mobilisés pour chacune). Pour autant, le rôle de ce corps expéditionnaire va être décisif dans les premiers mois de la guerre, au cours de la bataille de Mons, de la grande retraite, de la première bataille de la Marne puis de la première bataille d’Ypres, après l’épisode de la Course à la mer. Parallèlement à l’engagement immédiat de cette armée de professionnels, les effectifs vont être renforcés par les soldats issus de l’empire, les territoriaux puis par les milliers d’hommes volontaires qui ont répondu à la campagne de recrutement initiée auprès de la population par Lord Kitchener, secrétaire d’état à la guerre, dès le mois d’août 1914. C’est cette page d’histoire méconnue que l’exposition vous propose de découvrir.

Cent ans que la guerre a été déclarée. Cent ans que la première bataille de la Marne s’est déroulée, marquant nos communes et modifiant nos paysages à jamais. au début de septembre 1914, un mois à peine après le déclenchement des premières hostilités, notre territoire est directement touché par la fureur de la guerre. Les armées allemandes fondent sur paris et occupent un à un les villages situés sur la rive droite de la marne. Heureusement, entre le 5 et le 8 septembre, le sursaut des armées française et britannique a lieu.

Cette « Victoire de la marne » sauve la capitale et fait replier les allemands au-delà de la Somme. Cette bataille est ancrée dans l’imaginaire des Français et le fameux épisode des taxis  y participe  activement.
Mais avant tout, nous devons nous rappeler que cette victoire est une grande victoire des alliés, ensemble.

En effet, l’armée britannique, quoique numériquement plus faible, a été décisive au cours des premiers mois du conflit. Du débarquement des troupes britanniques en France en août 1914 à la fin de la guerre, en passant par la trêve de noël de décembre 1914, cette parenthèse improbable où l’humanité reprenait le pas sur l’horreur indicible du front, c’est une page d’histoire méconnue entre nos deux grandes nations que le musée de la Grande Guerre se propose de vous faire découvrir, à travers un regard nouveau et actuel.

Pendant la plus grande partie du XVIIIe et du XIXe siècle, la France et la grandebretagne furent rivales, s’affrontant sur terre comme sur mer. Jusqu’en 1914, lorsque l’armée britannique se rendait dans les Flandres ou en Belgique, c’était pour combattre les Français, pas pour se battre à leurs côtés. Il est vrai que les deux pays s’étaient alliés pour affronter la russie au cours de la guerre de Crimée (1854-56), mais avant comme après ce conflit, la Grande-Bretagne continuait à s’armer pour repousser une invasion française. Jusqu’au début du XXe siècle, le déploiement des marines de guerre des deux nations était décidé uniquement sur la base de leur rivalité. Cet affrontement était plus particulièrement marqué en dehors de l’Europe. en 1898, Horatio Kitchener, qui conquit le Soudan pour le compte de l’empire britannique, se retrouva face au major Jean-baptiste marchand à Fachoda sur le nil blanc. En dépit du caractère parfaitement amical de cette rencontre, Paris et Londres se mirent sur le pied de guerre au nom de leurs ambitions coloniales respectives. L’absurdité de cette crise apparut pourtant clairement à tous quelques années plus tard, en 1904, quand les deux capitales parvinrent enfin à un accord, la fameuse entente Cordiale, qui régit depuis lors les relations francobritanniques. L’entente mit un terme aux différends coloniaux illustrés par l’incident de Fachoda. Pour autant, un tel accord, qui renforçait notablement l’assise de l’empire britannique, ne pouvait que susciter des réactions en Europe. C’est ainsi qu’en 1905, l’Allemagne, qui pensait qu’une entente entre deux tels rivaux héréditaires ne pouvait qu’être fragile, défia la France au Maroc. bien que l’action de l’Allemagne fut en accord avec le droit international, la provocation, bien loin de les fragiliser, ne fit que raffermir les liens tissés par les deux puissances d’Europe de l’Ouest. mieux encore, elle offrit aux états-majors français et britanniques un parfait prétexte pour se rapprocher. Les soldats britanniques avaient passé l’essentiel du siècle précédent dans des guerres coloniales, bien éloignées du théâtre européen, alors considéré comme bien plus délicat. néanmoins, les guerres napoléoniennes, brèves et brutales, demeuraient le mètre étalon de l’apprentissage des armes. La plupart des officiers britanniques lisaient bien mieux le français que l’allemand, leur vision de la guerre restait donc largement conditionnée par les théories des stratèges français. Les discussions entre nos deux pays marquèrent le pas à partir de 1906, pour ne reprendre qu’en 1910 quand Henry Wilson, connu pour passer ses vacances en France à parcourir en vélo les champs de bataille de la guerre de 1870, fut nommé directeur des Opérations militaires en Grande-Bretagne. elles s’intensifièrent en 1911, quand la seconde crise marocaine amena déjà l’Europe aux portes de la guerre. Pourtant, jusqu’à la fin du mois de juillet 1914, le ministre des affaires étrangères britannique, Sir Edward Grey, n’eut de cesse de répéter que les engagements du royaume envers la France ne constituaient qu’une « obligation morale », tandis que Paul Cambon, ambassadeur de France au Royaume-Uni, affirmait que cette obligation allait bien au-delà. en 1912, la France et la Grande-Bretagne signèrent un accord de coopération navale, afin de permettre à la Royal Navy de réduire sa présence en méditerranée, pour concentrer ses effectifs en mer du nord, face à l’Allemagne. La France prenait ainsi l’ascendant dans la méditerranée, tandis que l’Angleterre prenait en charge la sécurité des côtes septentrionales de la France. en juillet 1914, quand la guerre éclata en Europe de l’Ouest, cet accord fut le plus déterminant, à la fois pour la défense de la France mais aussi pour « l’obligation morale » de la Grande-Bretagne. Les combattants britanniques allaient bientôt arriver en France, et faire subir à la structure de leurs armées une véritable révolution copernicienne, mais toujours motivés par des causes à la fois maritimes et impériales.

À propos de Hew Strachan Hew Strachan 
Il est titulaire de la chaire Chichele d’histoire de la guerre et membre de l’All Souls College de l’université d’Oxford depuis 2002. Entre 2003 et 2012 il a dirigé l’Oxford Program sur le changement de nature de la guerre (Changing Character of War). Il siège également au groupe consultatif stratégique du chef d’état-major de la défense et au conseil consultatif de l’académie de défense du Royaume-Uni.Ilil est en outre membre du conseil d’administration de l’imperial War museum, de la commission des sépultures de guerre du Commonwealth, ainsi que du comité national pour le centenaire de la première guerre mondiale et du conseil de l’institut international d’études stratégiques. Il est également Fellow du Corpus Christi College de l’université de Cambridge et professeur invité à l’université de Glasgow. il a été élu membre de la Royal Society of Edinburgh en 2003, et en 2005 l’université de Paisley lui a décerné un doctorat honoris causa. en 2010, il a présidé un groupe de travail sur la mise en oeuvre du pacte social entre la nation britannique et ses forces armées (Military Covenant) pour le premier ministre.
En 2011, il a été le tout premier professeur invité du programme Humanitas en études de la guerre à l’université de Cambridge et est devenu conseiller spécial au comité mixte sur la stratégie de sécurité nationale. il est Lord Lieutenant de Tweeddale, en Ecosse, ainsi que général de brigade du Queen’s Bodyguard for Scotland (Royal Company of Archers). en décembre 2012, le magazine Foreign Policy l’a inclus dans sa liste des plus grands penseurs mondiaux de l’année. En 2013, la reine Elizabeth l’a fait chevalier.

 

 

Quelques chiffres

  • La population du royaume-uni en 1914 : 46 089 249
  • La population de l’empire : 361 245 645
  • Nombre de soldats britanniques mobilisés en août 1914 : ± 90 000
  • Nombre de soldats britanniques engagés volontaires (fin 1914) : ± 500 000
  • Soldats des troupes indiennes : ± 90 000
  • Soldats et officiers britanniques tués sur le front de l’Ouest fin 1914 : ± 27 000
  • Nombre de soldats canadiens qui rejoindront le front de l’Ouest en janvier 1915 : ± 30 000

 

 

Adresse et contact

Rue Lazare Ponticelli,
77100 Meaux
Lat : 48.971432  Long : 2.904724
Tél. : 01 60 32 14 18
Accès - Contact

Horaires

09h30 à 18h00 sans interruption 
Fermeture les mardis,le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier.
Port du masque obligatoire à partir de 6 ans
Conditions sanitaires en vigueur (mai 2021)

Tarifs

Plein tarif : 10 €
Tarif réduit : de 5 à 7 €
(sur présentation de justificatif)
Tous les tarifs