Lecture de lettres

Comment venir

Adresse du Musée

Rue Lazare Ponticelli - 77100 Meaux 

Tél. : 01 60 32 14 18

Les accès en voiture et transports en commun

Horaires

9h30 à 18h sans interruption - Port du masque obligatoire

Fermeture les mardis et jours fériés : 1er janvier, le 1er mai, le 25 décembre

Attention : clôture des caisses une demi-heure avant la fermeture du Musée

Fermetures annuelles du 23/08/21 au 05/09/21 inclus

Tarifs

Pleins tarifs : 10€ 

Tarifs réduits entre 5€ et 9€ (sur présentation de justificatifs)

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Lecture de lettres

Ces textes sont issus de correspondances rédigées en 14-18. Leur sélection fait écho aux thématiques évoquées dans chaque espace. ces extraits sont retranscrits dans leur format d’origine, comportant des fautes d’orthographes et de syntaxe, afin de respecter les textes originels.

Lecture par L’association des donneurs de voix—Bibliothèque sonore de Meaux

Partie 1 : Le temps des séparations

Lettre de René à sa mère, le 4 novembre 1914 « Chère Maman, […] quand à moi lorsque je serais parti je t’interdis de te faire de la bile. Je n’ai aucun regret de m’être engagé, si, j’en ai un c’est de ‘être mis dans élèves caporaux comme ça je serais parti…[…] Il y a beaucoup de réservistes et des territoriaux qui partent / eux me font de la peine car ils ont femmes et enfants tandis que les bleus ne laissent pas de famille dans la misère […] »

Source : musée de la Grande Guerre

Lette de Cécile Comte à son frère, le 11 octobre 1914 « Mon cher Paul, Je vient encore une fois de plus te demander de tes nouvelles et de celles de Georges. Je t’ai écrit une longue lettre ou je te demande de nous dire comme il faut faire pour vous envoyer des linge de laine pour le froid, c’est-à-dire des chaussettes, une ceinture de flanelle. N’aura tu pas reçu ma lettre ou ne peut -tu pas répondre. Ecris le plus tôt possible. Nous sommes bien en souci de vous sentir gelée pendant que l’on pourrait vous envoyer du linge. […] Louis se prépare à passer le conseil de révision, Alphonse écrit qu’il est toujours dans les Vosges.
Dis nous s’il est avec vous et si vous avez quitté la ou vous étiez en commençant. Nous avons arraché nos pommes de terre. Rien d’autre à te dire. Bonne santé Courage je t’embrasse pour toute la famille. Ta sœur Cécile Comte »
Source : musée de la Grande Guerre

Lettre du soldat Pierre Drouillard à sa famille, le 2 août 1914 « Cher père et chère mère, cher oncle et chère tante, […] Ca marche tout à fait mal, c’est forcé que la guerre se déclare […] Je marche avec bon cœur et dans l’espoir d’en enfiler plusieurs au bout de ma baïonnette […] Vote cher fils qui vous aime et qui pense à vous Drouillard Pierre »
Source : musée de la Grande Guerre

Lettre de Victor Rey à son fils Robert, le 5 août 1914 « Mon petit, mon cher petit, A l’heure où je t’écris ce matin, l’heure grave a sonné. (…) En principe et par-dessus tout il reste entendu que si tu pars, je pars. Nous partons ensemble et nous restons ensemble. Je t’embrasse de tout mon cœur, compte sur moi, je compte sur toi. Ton papa »
Source : Robert, Denis et Victor, Le Temps de nous aimer – Courriers de guerre – 1914 / 1918

Lettre d’ Eugène Résal à son fils Salem Résal, le 27 août 1914 « Nous suivons avec anxiété la marche des opérations, mais nous applaudissons à la résistance admirable de notre armée. Nos pensées vont toutes à toi et à ton frère. Ta mère est rentrée mardi avec Paul qui va être appelé avec sa classe au commencement de septembre. Presque toutes les troupes sont parties. Il arrive maintenant des blessés - et aussi des prisonniers. Nous t’embrassons de tout cœur. Younès est parti pour le Nord. A bientôt, je t’embrasse. »
Source : Robert, Denis et Victor, Le Temps de nous aimer – Courriers de guerre – 1914 / 1918

Extrait de la lettre d’Alan Seeger à sa mère, le 5 septembre 1914 “Dear Mother, I have already written to father about my enlisting. I don’t see any object in concealing the fact from you. A number of motives impelled me, by far the greater part being idealistic. I had nothing immediate in prospect. At a time when the destiny of humanity is in the hands of soldiers. […]They found me fit and enrolled me in the second regiment of the Legion Etrangère. My engagement is for the duration of the war […] I hope to see you at Fairlea next summer. Lots of love to all. Alan”
Traduction : « Chère Mère, J’ai déjà écrit à père à propos de mon engagement. Je ne vois aucune raison de ne pas faire la même chose pour vous. Un certain nombre de motivations m’ont poussé, pour la plupart idéalistes. Je n’avais rien de prévu dans l’immédiat. A l’heure où le destin de l’humanité est entre les mains des soldats[…]Ils m’ont jugé apte et m’ont enrôlé dans le second régiment de la Légion Étrangère. Mon engagement durera le temps de la guerre[...]J’espère vous voir à Fairle à l’été prochain. Avec tout mon amour à tous. Alan. »
Source : Écrivains en guerre 14-18 “Nous sommes des machines à oublier” Gallimard / Historial de la Grande Guerre p.32

Partie 2 : L’absence au quotidien

Lettre d’Henri Castex à son épouse, le 28 septembre 1914 « Je suis heureux, heureux. Je viens de recevoir dix-sept lettres ou cartes […] Je les ai reçues à minuit dans une tranchée. Tu penses au matin, au premier jour, si je me suis empressé de les lire. Quel bonheur ! On ne pense plus aux fatigues, aux peines, on pense seulement aux êtres aimés qui sont bien loin et qu'il tarde bien de revoir… »

Source : Plateforme 14-18 (famille Resal)- Henri Castex,
Verdun années infernales : Lettres d'un soldat au front (août 1914-septembre 1916), Paris, Imago, 1996.

Lettre de Fernand Maret à ses parents, le 2 février 1916 « J'ai été bien heureux hier soir en recevant cinq lettres, une de Papa, une de Maman, de Tante Paule, de Paul et de Tante Rosalie ; je vous assure que cela fait bien plaisir dans les tranchées ; on ferme les yeux et on se voit transporté par la pensée pour un moment au Gasseau, si ce n'est les coups de canon et de fusils qui changent un peu. »
Source : Plateforme 14-18 (famille Resal)

Lettre de René à ses parents, le 13 septembre 1917 « Chers parents Qu’est-ce que disent les civils ? Tiennent-ils bon ? etc – voilà les questions dont m’assaillèrent hier matin les machines à combattre dont j’ai le désespoir de faire partie. Le voyage s’est effectué dans de bonnes conditions sans incident notable que la fatigue inévitable due à ce déplacement trop long, augmenté par le cafard de rejoindre la vie brutale des tranchées après quelques jours hélas toujours trop courts passées à l’arrière au sein de la famille […] »
Source : musée de la Grande Guerre

Lettre d’un soldat à sa cousine, 28 août 1916 « Chère Émilie Henri a été en permission, si seulement c’était mon tour d’y aller quel bonheur ce serait pour moi je t’assure, mais le rêve est loin hélas car ici elles sont toujours supprimées…Enfin il faut espérer se revoir encore… »
Source : musée de la Grande Guerre


Lettre de René à sa mère, le 24 mai 1915 « Chère mère […] Que veux-tu, des horreurs de la guerre il y en a des milliers d’exemple, tiens remarque celui-ci que j’ai vécu les 12 et 13 : la souffrance de la soif nous avaient contraints de manger de vieilles betteraves, le lendemain il a plu un peu, nous avons tous tendu nos toiles de tente et nous buvions les quelques gouttes avec plaisir et pourtant nos toiles étaient très sales. A la guerre comme à la guerre, ce n’est pas en pleurant qu’on améliore, une fois de plus on n’en est pas morts […] »
Source : musée de la Grande Guerre

Lettre d’Alice Pierre à son mari, le 22 juin 1915 « Cher petit homme Ton paquet part en même temps que cette lettre, tu as ton saucissons, ½ chocolat, 1 bouteille alcool de menthe Je t’ai mis une boite de valda pour quand tu seras dans la tranchée et que tu n’auras pas d’eau à boire, ta pommade pour les poux tu en étale ou ça te mord avec de la oûate et un peut à prisé Je t’ai mis une rose de ton petit rosier et voilà le kilog […] Cher petit homme je ne vois plus rien à te dire qu’à t’embrassé bien fort, j’attends une lettre et t’enverrai de l’argent aussitôt. Tous chez nous ainsi que maman Louise et Fernande se joignent à moi pour t’embrasser bien fort. Ta petite femme tout à toi et qui t’aime Alice Pierre Je suis en trains de faire des confitures aux [cerises ?] Il y en avait beaucoup »
Source : musée de la Grande Guerre

Lettre d’un père (soldat) à sa fille, le 2 décembre 1914 « Ma petite chérie je suis bien content d’apprendre que tu travailles bien c’est une consolation pour moi qui ne suis pas toujours à la noce, mais qu’importe… je travaille pour la Patrie et pour la…géographie de l’Europe sur laquelle on ne verra plus Empire d’Allemagne. Donc inutile d’apprendre ta géographie de l’Europe pour le moment. Attend au printemps prochain, elle sera toute changée. Je t’embrasse un million de fois, Papa »
Source : musée de la Grande Guerre

Lettre de Marcel Coutant à son père, le 31 décembre 1916 «Mon bon petit papa Je te souhaite une bonne année une bonne santé et je voudrais que tu revienne bientôt près de nous. Cette année je tacherais d’être sage et d’écouter a maman et je tacherais de bien écouter à l’école je t’embrasse mille fois. Toute la famille va bien Marcel Coutant »
Source : musée de la Grande Guerre

Partie 3 : Le retour des soldats

Lettre annonçant le décès d’un soldat à son père, le 26 janvier 1915 « Monsieur, Voici les renseignements que j’ai pu recueillir sur les circonstances qui ont accompagné le décès de votre fils…Il a été atteint d’une balle le 13 janvier vers 2h de l’après-midi. Les soldats Balivet et Millot qui ont signé l’acte de décès ont vu votre fils tomber comme une masse et ne plus donner de signe de vie. J’ajoute que ces hommes n’ont quitté cet emplacement que 12heures après si bien que malheureusement la mort ne pouvait plus offrir de doute Ps : À cause du mouvement de repli que nous avons effectué, le corps de votre fils est resté aux mains de l’ennemi »

Source : musée de la Grande Guerre

Lettre adressée à Monsieur et Madame Desmas, le 1er septembre 1915 « Monsieur et Madame Desmas Je m’efforce de vous écrire quoique cela me fasse bien de la peine. Vous serez certainement surpris de ce qu’un étranger vous écrive mais il me semble que c’est un devoir envers votre fils…Le 26 septembre nous avons attaqué, mon Dieu, je n’ai plus de le courage de vous le dire, votre fils a été blessé mais il n’a pas été possible de la sauver ma chère Dame, la guerre est une chose terrible. Consolez-vous, oui je sais ce que c’est qu’une maman j’ai la mienne, c’est cruel pour une mère mais que voulez-vous moi j’ai échappé par miracle, peut-être la prochaine fois ce sera mon tour… Vous chers parents de mon ami vous ne saurez croire combien j’ai hésité à faire cette lettre. Recevez mes plus sincères et profonds regrets ».
Source : musée de la Grande Guerre

Lettre de Jean à Madeleine, le 20 avril 1917 « Ma chère Madeleine, Quand tu liras cette lettre, je serais mort fusillé aux Hurlus. Un champ de boue […], dix fois repris, dix fois reperdu. La moitié de mes copains y sont restés, régalant la vermine. Mais notre général donnait encore l’ordre d’attaquer. Alors la onzième fois, les gars ont dit : « on va plus à l’abattoir ! » j’ai dis comme eux... Mais ici, refuser de tuer, c’est un crime. Alors avec cinq de mes camarades, on a été tirés au sort, dans les rangs. Ils nous ont condamnés à mort, « fusillés pour l’exemple » comme dit le général. Fusillés pour nous apprendre à vivre... La logique de la boucherie, j’ai renoncé à comprendre. A notre Michel, tu diras la vérité. Son père n’est ni un héros, ni un salaud, mais un homme qui a dit merde à la guerre... Demain, ce sera fini pour moi, mon dernier souffle sera pour baiser ta bouche. Je t’envoie ma montre. Ne la laisse jamais s’arrêter et notre amour vivra toujours... Jean »
Source : musée de la Grande Guerre


Lettre d’un soldat à sa fiancée, le vendredi 13 septembre 1918 « Ma petite fiancée chérie Pour ne pas changer mon habitude et en attendant tes chères nouvelles je t’envoie un porte-bonheur, en ayant l’espoir qu’il te serve à quelquechose, quoique toi pour ta part tu n’ai pas à craindre les bombardements. Je te dirai mon aimée que j’attends toujours tes lettres avec impatience, je vois bien ma chérie en ce moment comme je tiens à toi. L’absence de tes missives me créent un vide immense et j’ai le cafard de ne pas savoir si tu vas mieux. Je me fais milles idées, peut-être que tu es au lit et que tu ne reçois pas mes lettres, aussi c’est avec un grand bonheur que j’espère te lire bientôt, reçois ma chère petite fiancée chérie un millier de tendres baisers sur les lèvres. Douces caresses »
Source : musée de la Grande Guerre

Extrait d’une lettre d’un soldat anglais à sa mère, le 26 janvier 1916 “My dear mother We are just out again and with any luck shall not go in again for about a month. We have done just a month in out of the trenches, this last time we were in for 9 days, 4 days in support and 5 days in the firing line […]I am glad to say I got through this time without having any more casualties in the platoon.[…] Must stop as its getting awfully late. A loud smacker. Dear little Ma. I remain your loving Oswald”.

Traduction : « Ma chère maman, Nous venons tout juste d’en sortir de nouveau et avec un peu de chance nous n’y retournerons pas avant un mois. Nous sommes restés un mois à l’extérieur dans les tranchées, la fois dernière nous y sommes resté neuf jours, quatre jours dans les lignes de support et 5 jours dans les premières lignes.[…] Je suis heureux de dire que je m’en suis sorti cette fois sans pertes dans le peloton. Je dois cesser de t’écrire car il se fait terriblement tard. Gros baiser qui claque. Chère petite maman. Ton Oswald qui t’aime ».
Source :collections Europeana

L’équipe a pris soin de rechercher et lire des correspondances de 14-18 permettant de proposer cette sélection à la fois chronologique, thématique et en trois langues.

L’association des donneurs de voix—Bibliothèque sonore de Meaux
Les bénévoles de l’association ont prêté leurs voix à ces lectures et l’association a mis à disposition du musée son matériel et ses compétences pour rendre possible ce dispositif sonore .

Adresse et contact

Rue Lazare Ponticelli,
77100 Meaux
Lat : 48.971432  Long : 2.904724
Tél. : 01 60 32 14 18
Accès - Contact

Horaires

09h30 à 18h00 sans interruption 
Fermeture les mardis,le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier.
Port du masque obligatoire à partir de 6 ans
Conditions sanitaires en vigueur (mai 2021)

Tarifs

Plein tarif : 10 €
Tarif réduit : de 5 à 7 €
(sur présentation de justificatif)
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