Photographier et se faire photographier sur le front

Comment venir

Adresse du Musée

Rue Lazare Ponticelli - 77100 Meaux 

Tél. : 01 60 32 14 18

Les accès en voiture et transports en commun

Horaires

9h30 à 18h sans interruption 

Fermeture les mardis et jours fériés : 1er janvier, le 1er mai, le 25 décembre

Attention : clôture des caisses une demi-heure avant la fermeture du Musée

Fermetures annuelles du 6 au 10 janvier 2020 et du 18 au 31 août 2020

Tarifs

Pleins tarifs : 10€ 

Tarifs réduits entre 5€ et 9€ (sur présentation de justificatifs)

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Photographier et se faire photographier sur le front

Les soldats, lorsqu’ils ont l’occasion de se trouver dans le calme relatif des villes de l’arrière-front, ont recours aux services des photographes locaux. Dans les lignes, il se trouve toujours une connaissance pour vous immortaliser sur la pellicule. Le plus souvent, on utilise le fameux Vest Pocket de la firme Kodak, le plus répandu parmi les appareils de petit format.

Il n’est pas rare de découvrir dans des archives familiales un ou plusieurs albums où sont rangées, parfois commentées, des photos triées ou non qui témoignent d’une volonté de conserver la trace évocatrice et palpable d’un séjour au front. Cette pratique personnelle est désormais répercutée sur le Net où sont accessibles, grâce à des passionnés, de riches ensembles iconographiques. Il se trouve également quelques saisissantes publications que des éditeurs bien inspirés ont su enrichir par un travail éditorial qui donne au fonds mis en valeur son éclat et sa signification.

Quest-ce qui fait la richesse de ces ensembles photographiques ?

La chronologie et le réalisme

En premier lieu, le fait qu’ils soient constitués, précisément, en tant qu’ensembles. Ces vues, considérées dans leur chronologie, permettent de suivre le parcours du photographe au fil de ses changements de secteur, de l’évolution de ses fonctions. Inversement, l’immersion dans la durée dans un même secteur est marquée par les flashs ou les changements de ton que la guerre introduit progressivement ou brutalement. Ainsi, c’est la vitrine d’une organisation matérielle et sociale qui se trouve restituée dans sa permanence, mais aussi dans le bouleversement des événements exceptionnels. Des instantanés d’un quotidien où, en marge du sujet principal, existe une foule de détails à disposition du spectateur curieux, qui a du mal à trouver dans les descriptions écrites la mention des attitudes et des décors composant la toile de fond de l’existence des poilus.

Dans l’ordre de la chronologie qui se déploie se lisent parfois les évolutions du point de vue de l’auteur sur la guerre et les combattants qu’il côtoie. La distorsion souvent constatée entre la permanence d’un ton rassurant dans les courriers et le réalisme des scènes photographiées en est une manifestation assez connue. On conçoit donc que le fait de se trouver en présence d’une grande quantité de photos non légendées, non commentées, représente une intense frustration. Ce n’est pas sans raison que, dans la grande majorité des cas, ces collections sont (re)découvertes soigneusement ordonnées, mises en scène dans des albums.

La force du témoignage

Ces clichés sont indissociables de la personnalité et de la position de l’opérateur qui les a réalisés. Ils illustrent l’expression d’un point de vue, un désir de conserver une trace, voire de composer un discours, en s’appuyant sur l’image. Un œil critique et un peu exercé arrive à supposer le degré de soin et d’intention qu’a consacré le photographe à son sujet. C’est ce que traduisent le choix et la construction du cadre, de la lumière, de l’emboîtement des différents plans. Sans doute l’expérience d’un photographe d’aujourd’hui doit-elle être « reformatée » en pensant aux contraintes qui conditionnent la performance d’un soldat photographe d’alors. Contraintes technologiques, matérielles, réglementaires et surtout morales.

Photographier la guerre, ou même « dans la guerre » est une expérience inouïe et traumatisante. La dimension de traumatisme est le fait de la guerre. L’acte de photographier, au contraire, ramène les soldats à leur humanité. C’est une épreuve à laquelle le combattant photographe se soumet de son plein gré, car nul ne le contraint à prendre des photos, à s’y adonner dans la durée. Pourquoi le fait-il ? La réponse est de toute première importance. Les réponses, doit-on dire, car, en la matière, la collecte photographique n’étant ni encadrée ni prévisible, et nouvelle dans l’histoire des conflits, il a fallu, pour chaque auteur, s’appuyer sur des motivations propres avec peu de références.

Comme toujours, s’agissant de comportements fondamentaux, ces réponses se recherchent d’abord dans le témoignage des intéressés. En l’absence d’une explication avec l’intéressé, peut-on décrypter les raisons qu’il a de photographier, par l’analyse de sa production ? C’est un exercice très fécond et, au-delà de la cohérence et des caractéristiques d’une collection de prises de vue, c’est souvent dans les « manques » qu’il faut chercher des significations.

Photo carte

Adresse et contact

Rue Lazare Ponticelli,
77100 Meaux
Lat : 48.971432  Long : 2.904724
Tél. : 01 60 32 14 18
Accès - Contact

Horaires

09h30 à 18h00 sans interruption 
Fermeture les mardis,le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier.

Tarifs

Plein tarif : 10 €
Tarif réduit : de 5 à 7 €
(sur présentation de justificatif)
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