Zoom sur Durosoir

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Adresse du Musée

Rue Lazare Ponticelli - 77100 Meaux 

Tél. : 01 60 32 14 18

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Horaires

9h30 à 18h sans interruption - Port du masque obligatoire

Fermeture les mardis et jours fériés : 1er janvier, le 1er mai, le 25 décembre

Attention : clôture des caisses une demi-heure avant la fermeture du Musée

Fermetures annuelles du 23/08/21 au 05/09/21 inclus

Tarifs

Pleins tarifs : 10€ 

Tarifs réduits entre 5€ et 9€ (sur présentation de justificatifs)

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Zoom sur Durosoir

Interview de Georgie et Luc Durosoir

Georgie Durosoir
Luc Durosoir

C’est en qualité de spécialiste de la musique vocale baroque que Georgie Durosoir a accompli sa carrière à l’université Paris-Sorbonne dont elle est professeur émérite, et au Centre de Musique Baroque de Versailles. Depuis plusieurs années, exploitant un important fonds d’archives familiales, elle s’investit dans un nouveau domaine de recherche : la vie musicale dans la Grande Guerre (conférences, articles, colloques).
Grâce à une première journée d’étude (Dax, 2005), elle a suscité l’intérêt des historiens de la guerre et de la culture, et la formation d’un groupe de recherche sur ce sujet (La Grande Guerre des musiciens, Lyon, Symétrie, 2009).

C’est le devoir de mémoire – et non une carrière d’historien – qui a conduit Luc Durosoir à s’intéresser à la Grande Guerre. Médecin, il a dirigé, pendant plusieurs décennies, le réseau international des Instituts Pasteur. Il a attendu de nombreuses années le moment où il pourrait explorer le patrimoine laissé par son père (lettres de guerre et œuvres musicales).

Depuis 2001, il se consacre à la valorisation de l’œuvre de Lucien Durosoir qui ne fit jamais éditer sa musique. Il a publié en 2005 une sélection de ses lettres de guerre. Il participe à la diffusion de la musique de Lucien Durosoir, œuvre qui porte la marque profonde et douloureuse de l’expérience de guerre.

 

 

Questions à Luc DUROSOIR,  fils du compositeur Lucien Durosoir, qui œuvre depuis une quinzaine d’années, avec sa femme Georgie, musicologue, à faire connaître l’œuvre musicale de son père

Votre père, en possession de toute sa correspondance de guerre, n’a-t-il jamais voulu la publier et raconter sa Grande Guerre ?

 Mon père a toujours eu envie d’écrire. Il a écrit des conférences. Il avait une grande facilité d’écriture. Il avait même commencé une histoire de la musique pour la jeunesse qu’il a abandonnée. Il aurait pu écrire sur 14/18 mais il ne l’a pas fait car c’est une période qu’il occultait : elle avait trop bouleversé sa vie. Sa boulimie d’écriture, au sens d’écrire de la musique, me semble avoir été un moyen de se libérer. Le mystère le plus étonnant chez Durosoir, c’est qu’il est un compositeur qui ne cherche pas à se faire jouer, qui ne cherche pas à se faire connaître. C’est étrange ! Il est pleinement conscient de l’originalité de son écriture, qui va à l’encontre de ce qui était à la mode à l’époque. La composition n’avait peutêtre pour objet que de lui permettre de se reconstruire, de se redonner une raison d’être. Dans la création musicale, mon père avait trouvé un moyen de se prouver à lui-même qu’il n’était pas « fini ». Ce qui me conforte dans cette idée, c’est qu’à partir du moment où il se marie et a des enfants, il compose moins : il a trouvé une sorte d’équilibre qu’il n’avait pas auparavant.

 

Pensez-vous que Durosoir regrettait sa carrière d’avant-guerre ?

En tous les cas il ne l’a jamais exprimé. Dans des courriers d’avant-guerre, il parle des bouleversements qui se préparent en Europe. Prémonition ? À partir de 1911-1912, il recommence à travailler les techniques de base de la composition. Ce n’est pas la guerre qui révèle ses aspirations de compositeur : avant celle-ci, il manifestait déjà l’envie de faire autre chose que de jouer du violon. Cet « autre chose » s’est exacerbé avec la guerre et sa rencontre avec André Caplet. On peut penser que, sans la guerre, il aurait été un compositeur différent, plutôt dans la lignée de la fin du romantisme français. Mais la guerre et son vécu dans une violence inimaginable ont fait de l’homme un individu différent de l’héritier d’un romantisme tardif. En outre, Caplet était un farouche défenseur du modernisme et rejetait les anciens. Je pense que leurs discussions, leurs échanges ont fait de Durosoir le compositeur qu’il est devenu. Ce qu’il a écrit n’était pas en conformité avec son temps. Mon père disait : « Ma musique ne serait pas comprise par mes contemporains ». C’est en effet une musique originale, décalée par rapport à son époque. Elle est inclassable. C’est d’ailleurs ce qui fait tout son intérêt aujourd’hui.

 

Comment voyez-vous l’avenir de cet héritage ?

Quand on lance dans l’espace une fusée, elle suit son chemin. Elle part, mais on ne sait pas quelle sera sa trajectoire. Moi j’ai lancé la fusée, on verra bien ! Peut-être que d’autres prendront le relais, qu’il y aura un deuxième ou un troisième étage à la fusée. On en est, en quelque sorte, au stade de l’adolescence ; ensuite, il faut conduire l’exploitation de ce patrimoine à l’âge adulte. La présente exposition contribue d’ailleurs à faire grandir l’image de Durosoir. Il reste encore beaucoup de choses à exploiter dans sa correspondance. Puis il y a aussi sa bibliothèque littéraire et musicale et la musique en elle-même dont on a conservé toutes les étapes de la création. L’idéal serait de pouvoir numériser la totalité du fonds Durosoir pour le rendre accessible aux chercheurs dans toute sa cohérence.

 

Propos recueillis à Bélus, le 2 avril 2015

 

 

Adresse et contact

Rue Lazare Ponticelli,
77100 Meaux
Lat : 48.971432  Long : 2.904724
Tél. : 01 60 32 14 18
Accès - Contact

Horaires

09h30 à 18h00 sans interruption 
Fermeture les mardis,le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier.
Port du masque obligatoire à partir de 6 ans
Conditions sanitaires en vigueur (mai 2021)

Tarifs

Plein tarif : 10 €
Tarif réduit : de 5 à 7 €
(sur présentation de justificatif)
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