Les musiciens de la Grande Guerre : Durosoir, Nadia et Lili Boulanger, Maurice Ravel, Reynaldo Hahn

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Adresse du Musée

Rue Lazare Ponticelli - 77100 Meaux 

Tél. : 01 60 32 14 18

Les accès en voiture et transports en commun

Horaires

9h30 à 18h sans interruption - Port du masque obligatoire

Fermeture les mardis et jours fériés : 1er janvier, le 1er mai, le 25 décembre

Attention : clôture des caisses une demi-heure avant la fermeture du Musée

Fermetures annuelles du 23/08/21 au 05/09/21 inclus

Tarifs

Pleins tarifs : 10€ 

Tarifs réduits entre 5€ et 9€ (sur présentation de justificatifs)

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Les musiciens de la Grande Guerre

Retrouvez les destins de musiciens français, allemand, autrichien, britannique, ou encore russe ; compositeurs, musiciens, la Grande Guerre a modifié, perturbé, influencé leurs carrières et leurs musiques.

Lucien Durosoir au front
Lucien Durosoir au front
Crédit : Fonds Durosoir

Lucien Durosoir (1878-1955)

Violoniste, compositeur français

Lucien Durosoir commence le violon à l’âge de 8 ans. Après un rapide passage au Conservatoire de Paris, duquel il est renvoyé,  il poursuit sa formation en France et en Allemagne auprès de maîtres particuliers.

Virtuose, il se produit rapidement sur les plus grandes scènes françaises et européennes. Il a pour ambition de faire découvrir au public les compositeurs de son temps, qu’ils soient français (Fauré, Saint-Saëns…) ou étrangers (Strauss…). 
En 1914, il est mobilisé et intègre la 5e division en tant que fantassin. Aux côtés de ses compagnons de tranchées, il participe aux batailles de Douaumont, des Eparges, du Chemin des Dames.
Fin 1915, sur demande de son colonel, lui-même violoniste en amateur, il forme un quatuor à cordes : les musiciens du général Mangin. Lucien Durosoir reprend son violon et compose une formation accompagné d’Henry Lemoine, d’André Caplet, d’Henri Magne et de Maurice Maréchal.

Tour à tour fantassin, musicien, brancardier, colombophile, Lucien Durosoir traverse la guerre, soutenue par la riche correspondance qu’il entretient avec sa mère.
Un jour de 1918, il lui écrit : « …Et puis il y a mon violon et ce dernier, sans aucun doute, m’a sauvé la vie ». 

Démobilisé en février 1919, il doit rejoindre le Boston Symphony Orchestra, lorsque sa mère est victime d’un grave accident qui la laisse infirme. Il abandonne alors son projet pour rester à ses côtés et se consacre désormais à la composition. Son but est d’écrire pour s’ « habituer à manier des formes plus libres ».
A sa mort en 1955, il laisse une quarantaine d’œuvres inédites, des pièces pour formations très variées, musique symphonique et musique de chambre.
Volontairement resté dans l’ombre, d’après son ami et pianiste Paul Loyonnet « il mettait ses œuvres dans une armoire pour qu’on les y découvre plus tard ».

 

Biographie en vidéo : https://youtu.be/o0tCNP9dx_s

Réalisée par l’Institut National des Jeunes Sourds de Paris

 

 

Nadia (1887-1979) et Lili (1893-1918) Boulanger

Pianiste, organiste, chef d’orchestre et pédagogue française

Compositrice et pédagogue française

Nadia et Lili Boulanger voient le jour à Paris, dans une famille de musiciens : leur père, Ernest Boulanger est compositeur et professeur de chant, leur mère est cantatrice. Les deux sœurs montrent très tôt d’étonnantes dispositions pour la musique.

Nadia est l’une des premières femmes chef d’orchestre. Elle fait sa première apparition à Paris en 1912 en dirigeant ses propres œuvres.
En 1913, Lili est quant à elle la première femme à remporter le premier Prix de Rome dans le domaine de la composition musicale.  
Lorsque la guerre éclate les deux sœurs sont persuadées que correspondre avec le front est essentiel pour donner du courage aux soldats.
En 1915, elles fondent donc la « Gazette des classes du Conservatoire », dans l’espoir de soutenir les anciens élèves appelés au front par des courriers et des initiatives d’entraide.
Atteinte d’une tuberculose intestinale, Lili meurt à 24 ans, avant la fin de la guerre. Nadia poursuit seule l’entreprise d’échange avec les musiciens envoyés sur le front. Ces derniers lui seront reconnaissants pour le réconfort moral apporté par la gazette (une trentaine d’exemplaires sera publiée pendant la guerre). 

Après la guerre, Nadia se consacre à la direction musicale et à la pédagogie. Elle mène une impressionnante carrière de professeur. Jusqu’à sa mort à 92 ans, elle instruit des milliers d’étudiants français et étrangers.

 

Biographie en vidéo : https://youtu.be/JNzkjbZfvuk

Réalisée par l’Institut National des Jeunes Sourds de Paris

 

 

Maurice Ravel soldat en 1916
Maurice Ravel soldat en 1916
chez sa marraine de guerre Mme Fernand Dreyfus,
mère de Roland-Manuel,
élève et ami de Ravel.
©Coll. Amis de Maurice Ravel

Maurice Ravel (1875 - 1937)

Compositeur français

Maurice Ravel grandit à Paris dans une famille bourgeoise cultivée et familière des milieux artistiques, qui encourage son talent musical. Très tôt, il se fait remarquer par ses compositions.
Reconnue par ses pairs dès la fin du XIXe siècle, l’originalité de ses œuvres lui ferme cependant les portes du prix de Rome auquel il échoue cinq fois entre 1900 et 1905.
Pour son ultime tentative, c’est son âge qui est mis en cause par le Conservatoire pour l’écarter du concours, ce qui provoque une affaire médiatique et déclenche une vague de sympathie autour du musicien.
« L’affaire Ravel » contribue à le faire connaître. Les sonorités orientales et hispaniques de ses compositions se diffusent  rapidement à travers l’Europe.
Lorsque la guerre éclate, Maurice Ravel tente désespérément d’être incorporé malgré l’avis défavorable du service de santé : le musicien est petit (1.61 mètres) et léger (48kg). Il réussit cependant à être affecté, en mars 1915, au service auto du 13e régiment d’artillerie.
A cette période, depuis le front, il refuse de prendre part à la Ligue nationale pour la défense de la musique française, fondée en 1916 par Vincent d’Indy et Camille Saint-Saëns.
Ravel s’oppose vivement au nationalisme véhiculé par la ligue qui envisage la musique comme un outil de propagande et interdit la diffusion des œuvres allemandes et austro-hongroises en France. 
La santé médiocre du musicien finit par avoir raison de son opiniâtreté et il est définitivement réformé en 1917. La même année, il compose le Tombeau de Couperin. Ces six pièces pour piano, dédicace à ses amis morts sur le front, marquent son retour au classicisme.  Après la guerre, Ravel est beaucoup moins actif musicalement, mais reconnu comme le plus grand compositeur français de son époque, sa notoriété ne cesse de croître en France et à l’étranger. Il meurt en 1962 des suites d’une maladie neurologique.

Reynaldo Hahn (au fond) en tranchée
Reynaldo Hahn (au fond ) en tranchée,
sans date. ©Coll. Privée.

Reynaldo Hahn (1874 - 1947)

Chef d’orchestre et compositeur né à Caracas, il est naturalisé français en 1907.
Créateur précoce, il fréquente très jeune les salons parisiens. Affecté au 31e régiment d’infanterie, d’abord à Melun puis à Albi, il rejoint le front de l’Argonne en décembre 1914. Malgré son âge avancé, il assume diverses fonctions dont certaines dangereuses et qui lui vaudront la Croix de guerre décernée en 1918.
Il compose la marche militaire Les Jeunes Lauriers qu’il dirige lui-même au cantonnement ainsi que des pièces plus personnelles pour deux pianos ou voix et piano, entre autres une musique pour les morts de son régiment : À nos morts ignorés.

 

 

Anton Webern (1883-1945)

Compositeur autrichien

Webern forme avec Berg et Schönberg la Seconde école de Vienne, symbole de la modernité du premier quart du XXe siècle.
Ses premières compositions sont très mal acceptées du public en raison de la pensée innovante qui les fonde.
De 1915 à 1917, il sert dans l’armée autrichienne mais on ne connaît rien de sa vie au front.
Fervent défenseur de la musique allemande et convaincu de la supériorité de la culture germanique sur l’ensemble du monde européen, il apprécie la dictature hitlérienne. Celle-ci pourtant condamne sa musique comme « dégénérée ». Il est tué accidentellement par un soldat américain, devant sa demeure en 1945.

Rudi Stephan (1887-1915)

Compositeur allemand, considéré comme un des talents les plus prometteurs de sa génération, Rudi Stephan est mort d’une balle dans la tête, sur le front de l’est, le 29 septembre 1915.
Après avoir encouragé ses études musicales, son père favorisa la création de ses premières œuvres.
Dotées d’une grande expressivité postromantique, celles-ci ne reçurent cependant pas la totale approbation du public. Rudi Stephan laisse une œuvre évidemment peu abondante (mélodies, un opéra en un acte Vater und Sohn, Musik fü Orchester).

Claude Debussy
Crédit : Félix Nadar

Claude Debussy (1862-1918)

Compositeur français

Claude Debussy, élevé par sa tante, apprend la musique aux côtés d’Antoinette Mauté de Fleurville, une élève de Chopin. Il intègre le Conservatoire de Paris en 1872. Il écrit sa première composition en 1879.
Influencé par les artistes symbolistes de son temps, il refuse tout académisme esthétique et se place dans l’avant-garde musicale.
Au début du XXe siècle, il occupe une place centrale au sein de  l’école française. 
En 1914, à 52 ans Debussy est trop âgé et trop malade pour être soldat. On lui a diagnostiqué un cancer en 1910. Mais il livre une guerre des mots et des idées, dans laquelle il exprime la violence de ses sentiments à l’égard de l’Allemagne et de l’Empire austro-hongrois.
Preuve de son fervent nationalisme, il écrit trois sonates entre 1915 et 1917 qu’il signe « Claude Debussy, musicien français ». Il décède en 1918 des suites de son cancer. 
Claude Debussy  a une grande influence sur la musique du XXe siècle. Ses compositions ont modifié durablement la manière d’entendre et de penser la musique. Le musicien rompt avec les formes traditionnelles de la musique en cherchant à capter les émotions et les sentiments et à les retranscrire dans ses notes

 

 

Fernand Halphen en 1917
Fernand Halphen en 1917
Source Bibliothèque nationale de France

Fernand Halphen (1872-1917)

Recrutés par l’armée, les chefs de musique ont pour vocation de diriger les musiques régimentaires.
Lors de la mobilisation, de nombreux musiciens sont appelés sous les drapeaux. Certains se voient attribuer, de manière temporaire ou permanente, la fonction de chef de musique.
C’est le cas de Fernand Halphen. Formé dès le plus jeune âge par Gabriel Fauré, il intègre très tôt le Conservatoire de Paris. Reconnu comme compositeur, il est sollicité par le colonel Le Moyne pour fonder un orchestre lorsque la guerre éclate.
Il devient alors chef de musique au sein du 13e régiment d’infanterie territorial. Il donne de nombreux concerts avec ses formations instrumentales entre août 1914 et février 1917. Sur le front, il compose également plusieurs morceaux : Les Poilus (1915) une marche militaire dédiée au colonel Le Moyne, Les tranchées (1916) petites pièces pour piano, ou encore Vieille chanson (1916) mélodies pour voix et piano. 
Il décède en 1917 dans un hôpital militaire parisien, d’une maladie contractée au front et reste à ce jour un des seuls musiciens « mort pour la France » durant la Grande Guerre.

 

 

Claude Delvincourt (1888-1954)

En 1913, Claude Delvincourt décroche le Grand Prix de Rome ex-æquo avec Lili Boulanger. Il est mobilisé le 10 août 1914 et doit quitter la Villa Médicis alors qu’il met la dernière main à deux œuvres symphoniques, la suite pour orchestre Sérénade et le poème symphonique Typhaon.
Il est grièvement blessé en Argonne le 31 décembre 1915. Il perd son œil gauche et pendant les deux ans de convalescence qui suivent, il ne peut composer. Décoré de la croix de guerre et de la médaille militaire, il dirige le Conservatoire de Paris après la guerre.

Jean Cras

Jean Cras (1879-1932)

Commençant à composer dès l’âge de six ans, Jean Cras mène tout au long de sa vie une double carrière de musicien et de marin.
Bach et Beethoven influencent sont travail de compositeur. Brillant mathématicien et astronome, il invente, entre autres, l’outil de navigation qui porte son nom, la règle-rapporteur Cras. Entre 1914 et 1918, il assure le commandement de divers bâtiments, notamment le Commandant-Bory auquel il reste attaché jusqu’à la fin de la guerre.
Humaniste, pacifiste, patriote, Jean Cras puisa toute sa vie aux sources de sa spiritualité chrétienne.

 

 

André Devaere en 1911
Crédit - Tomdevaere

André Devaere (1890–1914)

Talentueux pianiste et compositeur belge, André Devaere étudie au Conservatoire royal de Bruxelles. Il donne son dernier récital le 17 mai 1914 avant d’être mobilisé en août au sein du 27ème régiment des troupes de ligne. Il est grièvement blessé sur l’Yser, le 10 novembre 1914. Il meurt de ses blessures aux poumons le lendemain de son admission à l’hôpital de Calais. Il a 24 ans et laisse quelques œuvres pour piano et pour orgue, ainsi que des mélodies sur des poèmes de langue française.

 

 

Louis Vierne aux claviers du grand orgue de Notre-Dame de Paris vers 1924
Louis Vierne aux claviers du grand orgue de Notre-Dame de Paris vers 1924
Source Collection Musée de Notre-Dame de Paris

Louis Vierne (1870-1937)

C’est à la mémoire de son fils Jacques, mort pour la France à 17 ans, que Louis Vierne, organiste de Notre Dame de Paris, compose son poignant Quintette pour piano et cordes op. 42 : « J’édifie, en ex-voto, un quintette de vastes proportions dans lequel circulera largement le souffle de ma tendresse et la tragique destinée de mon enfant. Je mènerai cette œuvre à bout avec une énergie aussi farouche et furieuse que ma douleur est terrible, et je ferai quelque chose de puissant, de grandiose et de fort, qui remuera au fond du cœur des pères les fibres les plus profondes de l’amour d’un fils mort ».

 

 

ZOOM SUR

(*) Les projets de l’INJS et l’accessibilité aux personnes sourdes

Le partenariat avec l’Institut National des Jeunes Sourds de Paris (I.N.J.S.) est un projet qui a été mûri depuis la conception de l’exposition « Mon violon m’a sauvé la vie » (en 2015) grâce un échange constant avec les professeurs de l’institut.
Onze collégiens de classes adaptées ont participé à deux projets : la mise en signe de biographies de musiciens et l’élaboration d’un instrument réalisé à partir de matériaux de récupération à la manière des instruments de tranchée. Dans une volonté de rendre accessible l’exposition aux personnes en situation de handicap l’équipe du musée a pris le pari d’impliquer particulièrement les personnes souffrant de déficiences auditives, dans la volonté de créer des rapprochements entre surdité et musique. Les élèves de l’Institut National des Jeunes Sourds de Paris (I.N.J.S.), ont participé à la conception de vidéos en Langue des Signes Française (L.S.F.).

Adresse et contact

Rue Lazare Ponticelli,
77100 Meaux
Lat : 48.971432  Long : 2.904724
Tél. : 01 60 32 14 18
Accès - Contact

Horaires

09h30 à 18h00 sans interruption 
Fermeture les mardis,le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier.
Port du masque obligatoire à partir de 6 ans
Conditions sanitaires en vigueur (mai 2021)

Tarifs

Plein tarif : 10 €
Tarif réduit : de 5 à 7 €
(sur présentation de justificatif)
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