Commissaire de l'exposition, François Cochet

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Adresse du Musée

Rue Lazare Ponticelli - 77100 Meaux 

Tél. : 01 60 32 14 18

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9h30 à 18h sans interruption 

Fermeture les mardis et jours fériés : 1er janvier, le 1er mai, le 25 décembre

Fermeture annuelle du 8 au 19 janvier 2018

Attention : clôture des caisses une demi-heure avant la fermeture du Musée

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Pleins tarifs : 10€ 

Tarifs réduits entre 5€ et 9€ (sur présentation de justificatifs)

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Questions au commissaire de l'exposition, François Cochet

Dans l’esprit collectif, la Première Guerre mondiale se termine avec l’Armistice du 11 novembre 1918. Diriez-vous que c’est le cas ?

C’est vrai et inexact tout à la fois. Un armistice est, juridiquement, une simple suspension des combats permettant de négocier un traité de paix à venir.  S’il est donc vrai que pour l’immense majorité des populations des États vainqueurs, la Grande Guerre se termine par l’immense soulagement du 11 novembre 1918, il n’en va pas forcément de même pour les États vaincus. A plusieurs reprises, devant certaines réticences allemandes, Ferdinand Foch, qui commande les armées alliées doit menacer de reprendre les hostilités.  Par ailleurs, les Alliés conservent leurs prisonniers allemands jusqu’au mois d’octobre 1919, après la signature effective du traité de Versailles, le 28 juin. Ils servent, en quelque sorte, de monnaie d’échange pour la bonne application du traité. En troisième lieu, le 11 novembre ne met pas fin aux combats dans certaines parties d’Europe orientale touchées par les conséquences de la révolution bolchévique et de ses avatars allemands ou hongrois. Ainsi, s’il est incontestable que le 11 novembre constitue bien la date de la victoire et de la fin du cauchemar pour les populations belges, françaises, britanniques ou américaines, cette date ne représente pas la fin de la « Der des Ders » comme l’espéraient tous les combattants de 1914-1918. Il n’empêche que les espoirs mis dans cette date par la plus grande partie des populations représentent le basculement symbolique de la fin de la guerre.


Que va se jouer durant les 7 mois qui séparent la signature de l’Armistice, en novembre 1918, de celle du traité de paix, en juin 1919 ? 

Ce qui se joue durant les sept mois de négociations de la conférence de la paix est proprement extraordinaire. Jamais autant d’États n’avaient été réunis pour une aussi vaste conférence.

Jamais les tâches à accomplir n’avaient été aussi nombreuses et capitales : il s’agissait notamment de démanteler les Empires centraux (Allemagne, Autriche-Hongrie ainsi que l’Empire ottoman). Il s’agissait, à partir des ruines de ces empires de tracer de nouvelles frontières européennes, mais également, par voie de conséquence, de démanteler l’empire colonial allemand d’Afrique et d’Extrême-Orient. Il s’agissait aussi de réduire l’empire ottoman à sa plus simple expression et de partager - essentiellement au profit de la France et du Royaume-Uni - ses possessions du Proche-Orient.

En outre, cette tâche gigantesque devait être accomplie au nom de la «démocratie ouverte », chère à Wilson. Rien, en théorie, ne devait être négocié en secret, mais au contraire, au grand jour, devant les 37 délégations présentes lors de la conférence de la paix. Ces volontés allaient être confrontées au principe de réalité et rapidement les négociations allaient se dérouler au sein du cercle restreint des « Quatre Grands » (France, États-Unis, Grande-Bretagne, Italie).

Par ailleurs, au nom également d’un des 14 points de Wilson, adoptés par les Alliés comme base de négociations, le « principe des nationalités » devait constamment sous-tendre les négociations. Dans les faits, ce principe allait souffrir de nombreuses exceptions. Enfin, c’est la première fois, à un tel niveau en tout cas, que les experts sont convoqués pour donner un avis aux nouvelles définitions de l’Europe. 

Géographes, historiens, économistes intègrent les 52 commissions spécialisées qui préparent le traité de Versailles et sont désormais forces de proposition pour redéfinir les frontières, mettre au point des règles juridiques de  fonctionnement économique ou politique.

 

Cent ans plus tard, quels héritages politiques, géographiques, sociologiques demeurent de cette période fondatrice de l’Europe ? 

Aujourd’hui, les historiens ont tendance à réhabiliter le traité de Versailles, si longtemps vilipendé pour ses imperfections. S’il n’avait pas tout prévu, s’il introduit des dimensions pour le moins maladroites (l’article 231, avançant la seule responsabilité allemande dans le déclenchement de la guerre), il a fait ce qu’il a pu, dans un contexte très tendu (risque d’extension de la révolution bolchevique) pour établir un nouvel ordre mondial.

Malgré la défection américaine de 1920, refusant d’entériner le traité de Versailles et donc la création de la Société des Nations (SDN), la conférence de la paix a commencé, pour la première fois de manière aussi massive et institutionnalisée, à obliger des diplomates de cultures nationales très diverses, à travailler ensemble. En cela, les 7 mois qui courent de novembre 1918 à juin 1919, sont bien les mois fondateurs de notre actuelle culture diplomatique internationale.

François Cochet

Qui est François Cochet 

Agrégé et docteur en histoire, François Cochet est professeur Émérite. Spécialiste des conflits contemporains et de l’expérience combattante aux XIXe et XXe siècles, il a publié et dirigé de nombreux ouvrages sur la Grande Guerre. Il est par ailleurs membre du conseil scientifique de la Mission Centenaire de la Première Guerre mondiale.

Adresse et contact

Rue Lazare Ponticelli,
77100 Meaux
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Tél. : 01 60 32 14 18

Horaires

09h30 à 18h00 sans interruption 
Fermeture les mardis,le 1er mai, le 25 décembre et le 1er janvier.

Tarifs

Plein tarif : 10 €
Tarif réduit : de 5 à 7 €
(sur présentation de justificatif)
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